"Pire séance" pour les indices européens : le Bel 20 chute de plus de 4%
Les investisseurs fuient le risque, délaissant les marchés d'actions pour se réfugier vers les obligations.
- Publié le 04-04-2025 à 18h24

Après un jeudi gris, les marchés européens devaient connaître un vendredi encore plus sombre en poursuivant leur débâcle sous la vague des taxes étatsuniennes décrétée par Donald Trump. Alors que Wall Street restait en forte baisse, l'indice Bel 20 devait abandonner jusqu'à 5,39% à 4.063,20 points avant de conclure tout rouge sur une perte de 4,68% à 4.093,59 points, son niveau en août 2024.
Les bancaires étaient particulièrement affectées avec une action KBC (73,44) qui plongeait de 9,13%, ING (15,942) abandonnant de son côté 7,55%. Sofina (213,20) et UCB (150,65) plongeaient de 7,87 et 6,34%.
La Bourse de Paris a également dégringolé vendred. Après avoir brièvement dévissé de 5%, le CAC 40 a terminé en chute de 4,26% soit une perte colossale de 324,03 points, pour s'établir à 7.274,95 points. Il signe ainsi sa pire séance depuis mars 2022 (-4,97%). L'indice vedette de la place de Paris a effacé tous ses gains de l'année, glissant de 1,43% depuis le 1er janvier.
Les bourses de Francfort et Londres ont toutes deux dévissé de 4,95% et Milan de 6,53%, leurs plus fortes chutes depuis le début de la pandémie de Covid-19 en mars 2020. La Bourse suisse a dégringolé de 5,14% et Madrid de 5,83%. "Les nerfs des investisseurs sont actuellement à vif", écrit Andreas Lipkow, analyste indépendant sollicité par l'AFP.
Réaction chinoise
Le gouvernement chinois a annoncé vendredi qu'il allait imposer des droits de douane de 34% sur toutes les importations de biens américains à partir du 10 avril, en réplique aux nouvelles taxes imposées par les Etats-Unis sur les produits chinois, en saisissant dans la foulée l'Organisation mondiale du commerce international (OMC).
Une réplique rapide et ferme à la salve de nouveaux droits de douane annoncée par Donald Trump jeudi, qui portait les taxes sur les produits chinois à 54% au total. "Les mesures de rétorsion de la Chine annoncent le début d'une escalade" entre les deux géants économiques de la planète, tout "ce que le marché craint", commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés à IG France.
L'industrie en chute
L'onde de choc provoquée par les annonces douanières américaines a ravivé les craintes d'une possible "récession aux Etats-Unis et à plus grande échelle", souligne M. Chaloin. "Les craintes d'une récession signifient moins d'industrie et moins de consommation de pétrole", de quoi faire plonger valeurs industrielles et pétrolières.
Saint-Gobain a terminé en chute de 7,74% à 81,78 euros, ArcelorMittal de 8,45% à 22,75 euros, Schneider Electric de 6,65% à 189,50 euros, Airbus de 7,04% à 146,90 euros et Thales de 5,74% à 237,90 euros. Le géant pétrolier TotalEnergies a quant à lui abandonné 6,24% à 53,07 euros.
Les banques fondent
"La nouveauté, c'est que les financières se font attaquer", note Guillaume Chaloin. Les investisseurs fuient le risque, délaissant les marchés d'actions pour se réfugier vers les obligations. Les taux long européens "baissent fortement car ils sont achetés comme valeurs refuge", explique-t-il.
En conséquence, "comme les valeurs bancaires reposent sur le prix de l'argent", la baisse des taux d'emprunts long est "beaucoup moins favorable au business des banques et leurs marges", poussant ainsi les titres bancaires vers le fond.
BNP Paribas a dévissé de 6,82% à 68,67 euros, Société Générale a dégringolé de 10,45% à 34,55 euros. Crédit agricole a terminé en forte baisse de 4,46% à 15,74 euros.
