Francfort chute de 10%, Bruxelles de 5%... les places boursières européennes vivent "un choc historique"
Donald Trump a imposé des taxes douanières à tous ses partenaires commerciaux, pesant sur les principaux indices boursiers européens.
- Publié le 07-04-2025 à 09h26
- Mis à jour le 08-04-2025 à 08h47

Les Bourses européennes ont ouvert en chute libre lundi, dans le sillage des places asiatiques, face à l'inflexibilité de Donald Trump sur ses droits de douane colossaux imposés aux partenaires commerciaux des Etats-Unis. Dans les premiers échanges, la Bourse de Francfort dévissait de 7,86% après avoir brièvement chuté de plus de 10%. La Bourse de Paris dégringolait de 6,19%, Londres de 5,83%, Milan de 2,32% et la Bourse suisse de 6,82%.
L'indice Bel 20, pour sa part, perdait plus de 5% à l'ouverture peu après 09h00. Au sein de l'indice bruxellois, ArgenX (475,10), KBC (67,28), UCB (138,40) et Umicore (7,58) s'inscrivaient d'emblée en recul de quelque 8%, suivies de près par Syensqo (55,20), Melexis (43,24) et Ageas (49,12).
Un séisme "historique"
En Europe comme aux Etats-Unis, les marchés étaient attendus en forte baisse ce lundi. En cause : les taxes douanières imposées par le président la semaine dernière sur tous ses partenaires commerciaux, qui accroissent le risque "d'une guerre commerciale mondiale à grande échelle", commente Lloyd Chan, analyste de MUFG, à l'AFP.
"L'impact négatif et l'incertitude pèseront sur l'économie mondiale en réduisant les échanges et les investissements", prévient-il. Tandis qu'une réaction européenne aux tarifs de 20% imposés par Donald Trump se fait encore attendre.
"Il n'est pas exagéré de décrire les mouvements de marché (...) comme 'historiques'", déclarent les économistes de la Deutsche Bank. "Il est difficile de mettre en contexte l'ampleur du choc qui a résonné depuis le 'Jour de la Libération' mercredi dernier", nom donné par Donald Trump au jour de l'annonce des droits de douane réciproques, soulignent-ils encore, évoquant le "plus grand choc pour le système commercial mondial depuis l'effondrement de Bretton Woods" (en 1971). "La 'Libération' prend des airs de crise et de capitulation sur les marchés", abondent de leur côté les analystes de Natixis.
Des accords "désespérés"
Interrogé sur la réaction violente des Bourses à son offensive commerciale, Donald Trump a fait valoir dimanche qu'il "(fallait) parfois prendre un traitement pour se soigner". Il a assuré que son pays était "beaucoup plus fort" depuis l'annonce de ces mesures et estimé que la chute des marchés n'était pas une volonté délibérée de sa part.
Le président républicain reproche aux partenaires économiques des Etats-Unis de les "piller". En conséquence, il a décidé d'imposer un taux universel de 10% de taxe douanière sur tous les produits importés aux Etats-Unis, entré en vigueur samedi.
En réplique, la Chine a annoncé vendredi ses propres droits de douane, alimentant les risques d'escalade destructrice pour l'économie mondiale. Ces contre-mesures (34% de taxes sur les importations américaines) visent à ramener les Etats-Unis sur "la bonne voie", a avancé Ling Ji, vice-ministre du Commerce. La Chine restera toutefois "une terre sûre" pour les investissements étrangers, a-t-il assuré.
Le 45e président américain a assuré avoir discuté pendant le week-end "avec beaucoup d'Européens, d'Asiatiques, au monde entier. Il veulent tous désespérément parvenir à un accord".
"Nous avons des déficits commerciaux massifs avec la Chine, l'Union européenne et beaucoup d'autres", a écrit dimanche Donald Trump sur son réseau Truth Social. "La seule manière de régler ce problème, ce sont les droits de douane, qui vont rapporter des dizaines de milliards de dollars aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.
Au même moment, un grand nombre de pays cherchent, chacun de leur côté, à convaincre Donald Trump de les épargner. Le 45e président américain a assuré avoir discuté pendant le week-end "avec beaucoup d'Européens, d'Asiatiques, au monde entier. Il veulent tous désespérément parvenir à un accord".
"Plus de 50 pays ont approché le gouvernement au sujet d'une réduction de leurs barrières douanières, de leurs droits de douane et l'arrêt de leur manipulation de changes", a déclaré le ministre des Finances Scott Bessent sur la chaîne NBC. "Nous allons voir si ce qu'ils ont à proposer est crédible", a expliqué Scott Bessent au sujet des partenaires commerciaux des Etats-Unis, "parce qu'après, 20, 30, 40, 50 ans de mauvais comportements, on ne peut pas repartir de zéro".
Les dirigeants européens ont eux multiplié les contacts au cours du week-end avant une réunion lundi à Luxembourg des ministres du Commerce extérieur de l'UE pour préparer "la réponse européenne aux Etats-Unis". "Le monde tel qu'on le connaissait a disparu", a résumé le Premier ministre britannique Keir Starmer au sujet de cette remise en cause de l'ordre mondial du commerce.
