Vent de panique sur les marchés européens
Les soupçons de fraude dans deux banques américaines replongent les marchés dans l'incertitude.
- Publié le 17-10-2025 à 09h29

Les Bourses européennes ont ouvert en forte baisse vendredi, entraînées par des inquiétudes liées à la qualité du crédit dans l'économie américaine après des allégations de prêts frauduleux qui ont fait chuter en Bourse deux banques régionales américaines la veille à Wall Street.
Dans les premiers échanges, Francfort était en forte baisse de 2,13 %, Londres de 1,43 % et Paris de 1,20 %.
À Bruxelles, le Bel20 est reparti sous la barre des 5 000 points. L'indice bruxellois a perdu 1,22 %, avec la totalité de ses valeurs dans le rouge. En tête des reculs, KBC lâchait 2,87 %, suivi de Melexis, en recul de 2,64 %.
Inquiétude américaine
Outre une pause habituelle sur un indice boursier après de fortes hausses, les investisseurs devraient rester "prudents" au lendemain de la chute en Bourse de deux banques régionales à Wall Street, estime John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Zions Bancorporation a dévissé de 13,14 % après avoir annoncé une perte considérable liée à deux prêts de sa filiale californienne et Western Alliance de 10,88 % après avoir déclaré être confrontée à un emprunteur frauduleux.
Le marché craint "un effet de contagion sur le secteur financier mondial", ravivant les mauvais souvenirs des investisseurs "deux ans après la faillite retentissante de la Silicon Valley Bank", mais aussi celles de First Republic et de Signature Bank, a poursuivi le stratégiste.
"Les banques européennes et asiatiques sont mieux capitalisées et moins exposées aux prêts commerciaux américains" et "le risque immédiat n'est pas financier, mais psychologique", ajoute-t-il.
L'or enchaîne les records
L'or, refuge traditionnel face à l'instabilité, se hissait vendredi à un nouveau sommet historique, à 4 379,93 dollars l'once. L'argent a aussi atteint un niveau record.
Le marché du pétrole évoluait toujours dans le rouge, après un appel jeudi entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine jugé positif par le président américain. La pression que le locataire de la Maison Blanche exerce depuis des semaines sur ses alliés pour qu'ils cessent d'importer du pétrole russe et qu'ils sanctionnent les pays qui continuent à le faire contribue en effet à maintenir des prix élevés.
Vers 06H40 GMT, le baril de WTI nord-américain perdait 0,07 % à 57,42 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,05 % à 61,03 dollars.
