Les indices plongent à nouveau : la peur va-t-elle s'installer durablement sur les places boursières ?
C'est la grande question du moment sur les marchés financiers. Les investisseurs se raccrochent à l'espoir d'un conflit de courte durée sans impact trop marqué sur l'inflation.

- Publié le 03-03-2026 à 16h20
- Mis à jour le 03-03-2026 à 18h27

Ce mardi, et pour la deuxième journée consécutive, les marchés boursiers de la planète ont bu la tasse. La journée avait très mal commencé en Asie où la Bourse de Séoul a terminé sur une chute de 7,24 % tandis que Tokyo reculait de 3,06 %. En Europe, en cours de séance, les reculs étaient assez sévères, entre 2,5 et près de 4 % sur la plupart des places boursières. Et à la clôture, Paris cédait 3,46%, Londres 2,75%, Francfort 3,44%, Milan près de 4% et Bruxelles 2,13%. Et à l'ouverture à Wall Street, ce n'était pas la joie non plus : lors des premiers échanges, l'indice Dow Jones chutait de 1,75 % tandis que l'indice Nasdaq reculait de 1,98 %
Une onde de choc. Mais laquelle ?
Le conflit qui embrase le Moyen-Orient alimente depuis lundi matin les doutes des investisseurs sur l'ampleur du choc économique et financier à venir. En tête des préoccupations figurent évidemment la flambée des prix de l'énergie (lire par ailleurs) et les perturbations attendues sur le commerce international et les chaînes logistiques à la suite de la fermeture de facto du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel.
Une situation qui si elle venait à se prolonger – la durée et l'intensité du conflit sont bien les deux grandes inconnues du moment – entraînerait évidemment des tensions inflationnistes. Un scénario négatif qui inévitablement freinerait alors la croissance économique et hypothéquerait la capacité des grandes banques centrales de la planète – la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne en tête – à poursuivre l'assouplissement de leur politique monétaire.
Un conflit de courte durée
Mais pour le moment, nous n'en sommes pas encore là. Et si une forte volatilité des indices est de mise, les experts du monde financier estiment, pour la majorité d'entre eux, que la situation n'est pas – à ce stade en tout cas – devenue incontrôlable. "Les événements géopolitiques ont historiquement été des déclencheurs importants de volatilité sur les marchés financiers. Les marchés actions ont tendance à baisser dans les premiers jours suivant un événement géopolitique, ou en amont lorsque les tensions montent progressivement, avant de rebondir à mesure que la situation s'apaise", expliquaient ainsi mardi matin dans une note d'analyse des experts de la banque Degroof Petercam. Et d'ajouter : "Vendre des actifs en réponse à de tels événements peut apporter un soulagement temporaire, mais le retour sur le marché peut s'avérer difficile et entraîner des occasions manquées, affectant les rendements à long terme."
Les investisseurs, s'ils sont secoués, se raccrochent donc à l'espoir d'une guerre de relativement courte durée, ne portant pas atteinte aux fondements économiques du moment. "L'impact des prix du pétrole sur l'économie et les marchés dépendra de la durée du conflit : pour l'instant, les marchés prédictifs anticipent une résolution possible d'ici fin avril, avec une probabilité de 70 %", notent encore les experts de Degroof Petercam. Une hypothèse qui reste évidemment à confirmer…
