"Leur jeunesse ne peut pas tout justifier": deux jeunes volent la voiture d'une étudiante en la menaçant d'une arme
En octobre dernier, une étudiante hutoise s'était fait voler sa voiture sous la menace d'une arme, par deux jeunes.
- Publié le 12-01-2024 à 11h14

Ce soir d'octobre dernier, cette jeune Hutoise a eu la peur de sa vie. Alors qu'elle revenait d'un cours de sport et qu'elle stoppait sa VW Polo à un feu rouge à Wanze, elle a vu débouler deux jeunes hommes, un Hutois et un Braivois à peine plus âgés qu'elle. Ils ont brisé la vitre de sa portière et l'ont forcée à sortir de la voiture, sous la menace d'une arme (qui s'est avérée être un pistolet factice), avant de prendre la fuite à son bord. La jeune femme a alors appelé son papa, qui est arrivé sur place en même temps que la police.
Le lendemain, l'un des deux agresseurs appelle la police. Non pas parce qu'il a des remords, mais parce qu'il a… peur. En fouillant le véhicule et en découvrant ses papiers, il a compris que la voiture appartenait à un Hutois bien connu et il a peur des représailles. S'il tente d'abord de charger uniquement son complice d'un soir, il est vite confondu par les policiers.
Aujourd'hui encore, les deux jeunes hommes ont des versions différentes, se rejetant la responsabilité. Et c'est la jeune victime, présente à l'audience, qui a courageusement éclairé le tribunal en désignant celui qui a brisé la vitre de sa voiture (le Hutois) et celui qui l'a menacée avec l'arme (le Braivois).
L'avocat de la jeune Hutoise a réclamé 5 000 € à titre de dommage pour sa cliente et 1 000 € pour son papa, choqué de devoir venir au secours de sa fille dans de telles circonstances. Il a aussi réclamé plus de 1 500 € de dommage matériel, pour la Polo qui a été déclassée et pour le changement de serrures du domicile familial dont les clés étaient restées dans la voiture.
Le procureur, lui, a requis 30 mois de prison pour chacun des prévenus. "Il y a une absence totale de prise de conscience et leur jeunesse ne peut pas tout justifier. C'était une action mûrement réfléchie, on a attendu sur un muret, on a choisi le bon moment et la "bonne" victime, une jeune femme seule dans sa voiture."
L'avocat du Braivois a évoqué les remords de son client dès le début, ainsi que les excuses envoyées à la victime par le biais de sa petite amie. Il a demandé un sursis, même probatoire, pour son client, qui n'a que 24 ans et est père de deux enfants. L'avocat du Hutois a lui insisté sur le fait que le coup n'avait pas été planifié par son client, que les deux comparses avaient bu et qu'ils ont laissé son sac et son téléphone à la victime. Il a aussi plaidé un sursis pour son client "avec des conditions: qu'il réside là où sa sœur lui a trouvé un logement à Andenne, qu'il entame son job de carreleur (promis par une entreprise) , qu'il fasse une prise de sang une fois par mois pour prouver qu'il ne consomme plus d'alcool, qu'il entame une thérapie et qu'il commence rapidement à indemniser les victimes. De la prison ferme n'aurait aucun intérêt, ni pour lui ni pour la société."
Les deux jeunes prévenus ont réitéré leurs excuses à la Hutoise avant de repartir vers la prison.
Jugement le 24 janvier.
