Le parquet fédéral espère identifier et poursuivre les pirates

Le parquet fédéral mettra tout en oeuvre pour traduire devant la justice belge les pirates qui se sont emparés du Pompei et qui ont pris son équipage en otage, a déclaré le procureur fédéral Johan Delmulle lors de la conférence de presse qui s'est tenue dimanche au centre de crise du ministère de l'Intérieur.

BELGA

Six membres de la police fédérale belge sont déjà en route pour procéder à un examen du navire et auditionner les dix membres de l'équipage. Le parquet fédéral a été impliqué dès le début du détournement, le 18 avril dernier.

Le procureur fédéral a rappelé que les faits commis sur un navire battant pavillon belge et naviguant dans les eaux internationales sont considérés comme ayant été commis en territoire belge. Il existe par ailleurs une loi de 1928 qui sanctionne spécifiquement les actes de piraterie. Une équipe d'enquêteurs de la police judiciaire fédérale de Bruxelles a été chargée du dossier. Ils ont déjà établi des procès-verbaux à propos de chacun des développements survenus durant le détournement.

Priorité a été donnée aux négociations mais le travail des enquêteurs s'est poursuivi parallèlement. Des enregistrements ont ainsi été effectués de toutes les communications téléphoniques entre les pirates et leurs interlocuteurs. Un maximum de preuves a été rassemblé et les enquêteurs ont recueilli tous les éléments susceptibles d'aboutir à l'identification des pirates, a expliqué le procureur fédéral.

Quatre enquêteurs de la police judiciaire de Bruxelles et deux membres du labo judiciaire de la police fédérale sont partis, avec les dix militaires belges qui rejoindront le Pompei dans le port où il aura trouvé refuge, a précisé Johan Delmulle.

Les enquêteurs s'efforceront notamment de relever un maximum d'indices matériels concernant les pirates, comme des empreintes de doigts et des traces d'ADN.

Il devait y avoir une dizaine de pirates à bord. Si les enquêteurs belges parviennent à les identifier, leur signalement sera lancé via Interpol et une demande d'extradition sera formulée à l'encontre de ceux qui auront pu être interceptés, a indiqué le procureur fédéral. En Belgique, les pirates risquent jusqu'à 15 ans de prison pour le détournement et encore 30 ans pour prise d'otages.

Malgré les circonstances difficiles dans lesquelles se déroule l'enquête, il existe une chance réelle de pouvoir identifier au moins un certain nombre de ces pirates, estime Johan Delmulle.

L'équipe de dix militaires belges est partie il y a deux jours

L'équipe de dix militaires belges qui accompagnera les quatre enquêteurs de la police judiciaire de Bruxelles et les deux membres du labo judiciaire de la police fédérale partis rejoindre le navire belge Pompei - et son équipage - qui était pris en otage depuis le 18 avril par des pirates somaliens et a été libéré dimanche, est partie il y a deux jours à destination de l'Afrique orientale, a-t-on appris dimanche au ministère de la Défense.

La Défense avait en effet demandé d'être prévenue à l'avance et un délai de 48 heures pour prendre en charge le navire et son équipage. Les militaires vont prendre en charge le Pompei qui, dans un premier temps, va être escorté par une frégate grecque de l'opération navale européenne au large des côte de la Somalie, EU NAVFOR Atalanta.

Dans un deuxième temps l'équipe de militaires belges montera à bord du navire. L'équipe est composée de huit membres du 2ème bataillon commando de Flawinne (Namur), d'un membre de la composante médicale et d'un officier de marine.

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