La paix, dans deux ans peut-être

Un Etat palestinien dans deux ans ? La diplomatie égyptienne et américaine met actuellement les bouchées doubles pour y arriver en ramenant Israéliens et Palestiniens au plus vite à la table des négociations. Informer : mission impossible ?

Renée-Anne Gutter
La paix, dans deux ans peut-être
©AP

Correspondante à Jérusalem Un Etat palestinien dans deux ans ? La diplomatie égyptienne et américaine met actuellement les bouchées doubles pour y arriver en ramenant Israéliens et Palestiniens au plus vite à la table des négociations. En effet, quoique Washington ne l'ait pas annoncé officiellement, plusieurs médias israéliens et égyptiens croyaient savoir, lundi, que Barack Obama s'apprêtait à donner un coup de fouet au processus de paix. Et cela, en coordination avec son homologue, Hosni Moubarak. C'est dans ce but que ce dernier s'est entretenu la semaine dernière au Caire avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, puis ce lundi à Charm-el-Cheikh avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

Des émissaires égyptiens vont à présent rendre compte de ces entretiens à Washington. Et encore avant la fin du mois, l'émissaire américain, George Mitchell, doit revenir pour un tour de consultations à Jérusalem et Ramallah. Le projet américain prévoit la reprise immédiate des pourparlers israélo-palestiniens, en vue d'arriver à un règlement final endéans deux ans. En tête de l'agenda : la future frontière entre Israël et l'Etat palestinien.

M. Obama veut régler le dossier dans les neuf mois à venir, avant que n'expire le moratoire récemment imposé par le gouvernement Netanyahou sur la construction juive en Cisjordanie. De cette façon, la construction juive ne reprendra plus que dans le cadre du futur règlement final, à savoir à l'intérieur des blocs d'implantation existants qu'Israël annexera en accord avec les Palestiniens. Elle cessera définitivement en dehors des frontières convenues. Pour Washington, la solution devra se baser sur l'échange de territoires, de façon à ce qu'Israël puisse conserver les principales enclaves juives et jouir de frontières défendables, tout en permettant aux Palestiniens de récupérer si pas exactement le territoire d'avant 1967, en tout cas une superficie égale à ce territoire. Selon des sources égyptiennes, M. Netanyahou serait d'accord, comme l'était déjà son prédécesseur, Ehoud Olmert.

Une fois les frontières fixées, les négociateurs s'attelleraient aux autres sujets brûlants : Jérusalem et les réfugiés palestiniens. Le tout, encadré de garanties américaines. L'OLP (interlocuteur officiel d'Israël) serait assurée de la création de l'Etat palestinien dans deux ans. Israël aurait l'assurance de pouvoir garder les grands blocs juifs en Cisjordanie, comme promis par le président George W. Bush en 2004.

Mais rien n'est encore acquis. Au terme de ses entretiens avec le président égyptien, lundi, M. Abbas a campé sur ses positions : favorable à la reprise des négociations, mais pas avant qu'Israël ne gèle entièrement sa colonisation en territoire palestinien. Rappelons que le moratoire décrété actuellement par M. Netanyahou sur la colonisation juive n'est que très partiel, ne concernant ni les 3000 constructions en cours en Cisjordanie, ni les centaines de nouveaux logements planifiés à Jérusalem-Est. M. Netanyahou a réitéré qu'il ne se laissera pas imposer de conditions préalables par M. Abbas. Il a toutefois déclaré "sentir un changement dans l'air" pouvant conduire à la reprise du processus diplomatique.

Quant au chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, il a qualifié le calendrier fixé par l'initiative Obama d'"irréaliste". Comme il l'a dit récemment, "il n'y aura de paix ni dans la décennie à venir, ni dans la suivante". Il est vrai que depuis le début des négociations israélo-palestiniennes en 1993, aucune échéance n'a jamais été respectée.


Une marche entravée Gaza. Un millier de militants internationaux pro-palestiniens sont repartis d'Egypte après s'être heurtés pendant une semaine au refus des autorités égyptiennes de les laisser gagner la bande de Gaza. Certains vont néanmoins encore tenter d'y entrer, a déclaré une porte-parole du mouvement, Ann Wright. Les autorités égyptiennes se sont opposées à ce que ces manifestants venus de 42 pays puissent entrer à Gaza fin décembre, à l'occasion du premier anniversaire de l'offensive israélienne contre cette enclave contrôlée par le mouvement islamiste Hamas. L'Egypte a finalement laissé passer un groupe de 84 militants anti-blocus, après que les quelque 1 300 personnes venues pour cette marche eurent organisé des manifestations au Caire et que certaines eurent entamé des grèves de la faim. (AFP)

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