Libye : l'espace aérien au-dessus de Tripoli fermé
L'espace aérien au-dessus de Tripoli est fermé jusqu'à nouvel ordre, a déclaré lundi soir à l'AFP un porte-parole de l'armée autrichienne qui comptait pouvoir évacuer des ressortissants européens vers Malte à bord d'un avion de ses forces aériennes. L'espace aérien au-dessus de Tripoli est fermé, selon l'armée autrichienne.
- Publié le 21-02-2011 à 22h10
- Mis à jour le 21-02-2011 à 23h51

L'espace aérien au-dessus de Tripoli est fermé jusqu'à nouvel ordre, a déclaré lundi soir à l'AFP un porte-parole de l'armée autrichienne qui comptait pouvoir évacuer des ressortissants européens vers Malte à bord d'un avion de ses forces aériennes. "L'espace aérien est fermé jusqu'à nouvel ordre. Il a été fermé il y a au moins une heure", a dit un porte-parole du ministère autrichien de la Défense, Michael Huber.
Le très influent théologien qatari d'origine égyptienne cheikh Youssef Al-Qardaoui a émis lundi une "fatwa" appelant l'armée libyenne à assassiner Mouammar Kadhafi pour "en débarrasser la Libye".
Le colonel Kadhafi pourrait être en route pour le Venezuela. Le ministre libyen de la Justice Mustafa Abdel-Jalil a démissionné de ses fonctions pour protester contre "l'usage excessif de la force contre des manifestants désarmés", a rapporté lundi le site Internet d'information pro-gouvernemental Qureyna.
"Vous m'avez demandé si le colonel Kadhafi est au Venezuela, je n'ai pas d'information me permettant de dire qu'il y est" mais "j'ai vu des informations qui suggèrent qu'il est en route" pour ce pays, a-t-il déclaré aux journalistes en marge d'une rencontre avec ses homologues européens. M. Hague n'a pas élaboré davantage sur l'origine de ces informations. Un porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a indiqué pour sa part ne "pas avoir d'information" à ce sujet. Il s'agit à ce stade "de rumeurs infondées", a-t-il ajouté.
Des sources gouvernementales vénézuéliennes ont démenti lundi auprès de l'AFP que Mouammar Kadhafi soit en route pour le Venezuela et assuré que les autorités n'avaient pour le moment "aucun contact" avec le dirigeant libyen. "Nous n'avons pas la moindre idée de la provenance de cette information. Elle est fausse", a déclaré cette source officielle qui a souhaité garder l'anonymat.
Les forces de sécurité en Libye menaient lundi une opération contre "ceux semant la terreur", qui a déjà fait plusieurs morts, tandis que des rumeurs affirmaient que le colonel Mouammar Kadhafi avait quitté le pays. Evénement Dans la soirée, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, a assuré à la télévision libyenne que le colonel Mouammar Kadhafi était toujours en Libye, démentant les rumeurs de fuite à l'étranger. "Le leader est en Libye, ainsi que tous les responsables du gouvernement ou locaux", a-t-il affirmé, à la suite d'informations selon lesquelles Kadhafi serait en route pour le Venezuela, informations par ailleurs démenties par des sources gouvernementales vénézuéliennes.
La répression des manifestations en Libye s'est poursuivie lundi au lendemain d'une sévère mise en garde lancée par le fils du leader Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, évoquant un risque de bain de sang. Cette opération vise les "saboteurs et (ceux qui sèment) la terreur", a indiqué la télévision d'Etat, sans en préciser le lieu.
Le ministre libyen de la Justice Mustafa Abdel-Jalil a démissionné de ses fonctions pour protester contre "l'usage excessif de la force contre des manifestants désarmés", a rapporté lundi le site Internet d'information pro-gouvernemental Qureyna. Le site ne fournit pas d'autres précisions. La contestation en Libye, qui concernait jusque là l'est du pays, touche depuis dimanche soir la capitale Tripoli, où des témoins ont signalé de violents affrontements entre forces de sécurité et manifestants.
Des témoins à Syrte ont démenti lundi auprès de l'AFP la chute de cette ville libyenne aux mains des manifestants anti-Kadhafi, comme l'avait affirmé la Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme.
Une dizaines d'hommes d'affaires belges, qui séjournaient momentanément en Libye, souhaitent quitter ce pays et des responsables de l'ambassade belge sont sur place pour informer les voyageurs, a déclaré lundi soir le porte-parole du SPF Affaires étrangères. "La communauté belge en Libye est peu nombreuse: une cinquantaine de personnes dont une partie ont la double nationalité belge et libyenne et ne souhaitent pas quitter la Libye", a précisé le porte-parole à Belga. Pour le moment, tout voyage non essentiel en Libye est déconseillé, a-t-il encore rappelé. Un conseil qui sera adapté en fonction de l'évolution de la situation sur place.
L'insurrection se propageait lundi en Libye, les émeutes gagnant Tripoli et plusieurs villes tombant aux mains des manifestants, obligeant les Européens à préparer une évacuation, alors que les contestations ont pris de l'ampleur en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Au Yémen, l'opposition a rejoint les étudiants pour un sit-in dans le centre de Saana.
Depuis moins d'une semaine, la Libye est le théâtre d'une répression très violente critiquée par les Etats-Unis, les Européens et l'ONU. Le bilan des manifestations ne cesse de s'alourdir et se compte désormais en centaines de morts, selon les organisations internationales de défense des droits de l'Homme. L'organisation Human Rights Watch, qui suit de près la situation, avance le chiffre de 230 morts, alors que la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) fait état de 300 à 400 morts depuis le début du soulèvement. Le colonel Mouammar Kadhafi, qui exerce depuis 42 ans un pouvoir sans partage, reste silencieux, mais son fils, Seïf Al-Islam, a estimé dimanche soir que le pays était au bord de la "guerre civile" et a avancé le chiffre de 84 morts. De son côté, la FIDH a annoncé que plusieurs villes, dont Benghazi et Syrte, sont tombées aux mains des manifestants à la suite de défections dans l'armée. Selon des Tunisiens interrogés par l'AFP à la frontière, la police libyenne a déserté dimanche Zaouia, à 60 km à l'ouest de Tripoli, qui est depuis livrée au chaos. "Il y a des affrontements entre pro et anti-Khadafi depuis deux jours et la police a quitté la ville dimanche midi. Depuis hier, tous les magasins sont fermés, une maison de Kadhafi a été brûlée. Des gens ont volé les voitures de policiers, il y a des braquages sur les routes", a raconté Omar Dhawadi, un coiffeur âgé de 30 ans, dont les propos ont été confirmés par une dizaine de personnes.
Les émeutes ont gagné dimanche la capitale. Selon des témoins contactés lundi par l'AFP, le siège d'une télévision et d'une radio publiques ont ainsi été saccagés dans la soirée par des manifestants à Tripoli et des postes de police et des locaux des comités révolutionnaires ont été incendiés.
Face à la répression sanglante des manifestations, des diplomates libyens en poste à l'étranger ont commencé à faire défection en Inde, en Chine et auprès de la Ligue arabe. "Nous sommes extrêmement préoccupés, nous coordonnons l'évacuation éventuelle des citoyens de l'Union européenne de Libye, en particulier de Benghazi", a déclaré lundi la ministre espagnole des Affaires étrangères Trinidad Jimenez, en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles.
Un avion militaire portugais et un avion militaire autrichien étaient en route pour Tripoli pour rapatrier ressortissants portugais et autrichiens et des citoyens d'autres pays de l'Union européenne (UE). Des entreprises, comme le géant pétrolier BP, les groupes italiens ENI et Finmeccanica, la compagnie pétrolière norvégienne Statoil, vont rapatrier leurs salariés.
Conséquence directe de la situation en Libye - membre de l'Opep et 4e producteur de pétrole en Afrique -, le pétrole a grimpé lundi au-dessus de 105 dollars le baril à Londres, un niveau plus vu depuis fin septembre 2008. Au Yémen, la rue a également donné de la voix avec le début d'un sit-in pour exiger le départ du président Ali Abdallah Saleh.
Des milliers de manifestants - étudiants mais également des députés de l'opposition et des militants - se sont massés sur une place devant l'Université de Sanaa, foyer de la contestation dans la capitale, qu'ils ont rebaptisée "place Tahrir" (place de la Liberté), en référence au soulèvement en Egypte.
Ce sit-in intervient au lendemain de la décision de l'opposition parlementaire de se joindre au mouvement de contestation du régime, mené jusqu'à présent principalement par des étudiants.
Lundi matin, un manifestant a été tué par les forces de sécurité à Aden, portant à 12 le nombre de morts dans cette ville en moins d'une semaine. Et des dizaines de milliers de chiites ont participé à Saada, dans le nord du Yémen, à une manifestation.
M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, a déclaré qu'il ne partirait "que par les urnes". La contestation prend aussi de l'ampleur à Manama, la capitale du petit royaume de Bahreïn, stratégique pour la Ve Flotte américaine.
L'opposant chiite en exil Hassan Machaimaa, actuellement jugé par contumace pour terrorisme, a annoncé à l'AFP depuis Londres qu'il rentrerait mardi à Bahreïn. Les protestataires ont passé une nouvelle nuit sur la place de la Perle, dans le centre de Manama, reconquise après le retrait samedi de l'armée et de la police. Et un manifestant chiite a succombé à ses blessures, portant à sept le nombre des morts de la répression à Bahreïn où l'opposition préparait une démonstration de force avec une grande marche mardi à Manama.
Des bâtiments publics incendiés à Tripoli
Les violences en Libye ont atteint la capitale Tripoli, où des bâtiments publics ont été incendiés dans la nuit de dimanche à lundi, Seïf Al-Islam, le fils du leader contesté Mouammar Khadafi, brandissant la menace d'un bain de sang dans le pays.
Le bilan des manifestations en Libye ne cesse de s'alourdir et a atteint 233 morts, a indiqué lundi matin Human Rights Watch, faisant état de 60 morts pour la seule journée de dimanche à Benghazi, deuxième ville du pays à 1.000 km à l'est de Tripoli et centre de la révolte depuis le 15 février. Mais les manifestations contre le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis bientôt 42 ans après avoir renversé en 1969 le roi Idriss, ont gagné dimanche la capitale Tripoli.
"La Libye n'est pas comme la Tunisie ou l'Egypte (...). Il n'a ni société civile ni partis politiques", a lancé Seïf Al-Islam lors d'une allocution télévisée dans la nuit de dimanche à lundi en allusion aux révoltes qui ont provoqué la chute des présidents de ces deux pays. Les "forces qui tentent de détruire la Libye et de la démembrer sont armées et le résultat sera une guerre civile. Personne ne se soumettra à l'autre et nous nous battrons", a-t-il prévenu. Si le pays se divise, "la Libye tombera dans une guerre civile (...), nous nous entretuerons dans les rues". Depuis le début du mouvement de protestation en Libye, le colonel Kadhafi n'a fait aucune intervention publique.
Seïf Al-Islam, qui a conduit pendant un temps le courant réformateur, a affirmé que la Libye était la cible d'un complot étranger, et que des éléments libyens et étrangers tentaient de détruire l'unité du pays pour instaurer une république islamiste. Il a reconnu que plusieurs villes du pays, dont Benghazi et Al-Baïda dans l'est, étaient la proie de violents combats et que les émeutiers s'étaient emparés d'armes militaires. Selon lui, des chars étaient aux mains de civils à Benghazi.
Le fils du colonel Khadafi a promis des réformes et annoncé que le Congrès général du peuple (Parlement) se réunirait bientôt pour décider d'un nouveau code pénal et de nouvelles lois donnant "des perspectives de liberté" pour la presse et la société civile, ainsi que du lancement d'un dialogue sur une Constitution. Sur les marchés, l'instabilité dans ce riche pays pétrolier et les craintes de propagation aux pays de la région gros producteurs de brut ont fait grimper les cours. A Londres, le baril est passé au-dessus de 105 dollars, pour la première fois depuis fin septembre 2008, avant de légèrement redescendre à la mi-journée.
Le siège d'une télévision et d'une radio publiques ont été saccagés dimanche soir par des manifestants à Tripoli où des postes de polices et des locaux des comités révolutionnaires ont été incendiés, ont rapporté à l'AFP des témoins joints par téléphone. "Un local qui abritait la télévision Al-Jamahiriya 2 et la radio Al-Shababia a été saccagé", a indiqué à l'AFP un témoin sous couvert de l'anonymat. La diffusion de la chaîne de télévision, suspendue dimanche soir, a repris lundi.
Al-Jamahariya 2, deuxième chaîne publique, et la radio Al-Shababia, avaient été lancées par un fils du dirigeant libyen Mouammar, Seïf Al-Islam en 2008, avant d'être nationalisées par la suite.
Par ailleurs, selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP, des bâtiments publics ont été incendiés dans la capitale dimanche soir, notamment des commissariats de police et des locaux de comités révolutionnaires, dans plusieurs quartiers, y compris près de la place Verte au centre ville où des affrontements violents ont eu lieu dans la soirée entre des pro et anti-régime. La "salle du peuple", un bâtiment situé près du centre ville et où sont organisées souvent des manifestations et réunions officielles, a été également incendiée, a indiqué à l'AFP un Tripolitain qui habite à proximité. Ce bâtiment est situé non loin du centre ville, à l'entrée du quartier résidentiel de Hay Al-Andalous.
Dans la nuit, des tirs nourris avaient été entendus dans plusieurs quartiers de Tripoli et des affrontements entre opposants et sympathisants du numéro un libyen ont notamment eu lieu sur la Place verte de Tripoli, selon des témoins. Les violences lors des manifestations en Libye contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi ont fait au moins 233 morts depuis le 15 février, a annoncé lundi HRW, au lendemain d'une mise en garde du fils du dirigeant Seïf Al-Islam contre les risques de "guerre civile" dans le pays.
Benghazi, deuxième ville du pays à 1.000 km à l'est de Tripoli, est le centre de la révolte depuis six jours et pour la seule journée de dimanche 60 personnes y ont été tuées, selon Human Rights Watch. Les manifestations ont gagné la capitale dimanche. "La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd'hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye", a déclaré Seïf Al-Islam lors d'une allocution télévisée dans la nuit de dimanche à lundi estimant que le pays est au bord de la "guerre civile".
Il a répété à plusieurs reprises le chiffre de 84 morts dans les violences en Libye et affirmé que les bilans donnés par "les médias étrangers" étaient "très exagérés".
Depuis le début du mouvement de protestation en Libye, son père, le colonel Kadhafi qui exerce depuis 42 ans un pouvoir sans partage sur ce riche pays pétrolier, n'a fait aucune intervention publique.
Al-Jazira accuse les renseignements libyens de brouiller son signal
La chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar a accusé lundi les renseignements libyens de brouiller son signal dans le pays, secoué depuis le 15 février par des manifestations contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi. "On a réussi avec l'aide de compagnies spécialisées à localiser la source du brouillage, qui a commencé le 2 février et coïncide avec la couverture par la chaîne des évènements en Libye", a indiqué la chaîne satellitaire dans un communiqué.
Selon la chaîne, son signal est brouillé à partir d'un bâtiment du sud de Tripoli qui est le siège de l'un des services de renseignement. Le bâtiment se trouve en face de l'hôpital Salaheddine dans un quartier du même nom, dans le district de Hadhba al-Khadra.
En outre, le site internet de la chaîne est inaccessible partout en Libye. Le signal de la chaîne a été brouillé pendant le soulèvement en Egypte ayant conduit au départ du président Hosni Moubarak le 11 février, qu'Al-Jazira a largement couvert.
Al-Jazira avait été empêchée de couvrir sur le terrain le début du soulèvement en Egypte.
Plusieurs villes, dont Benghazi, aux mains des manifestants
Plusieurs villes libyennes, dont Benghazi et Syrte, sont tombées aux mains des manifestants à la suite de défections dans l'armée, a affirmé lundi la Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme, qui avance un bilan de 300 à 400 morts depuis le début du soulèvement. "Beaucoup de villes sont tombées, notamment sur l'Est de la côte. Des militaires se sont ralliés" au soulèvement contre Mouammar Kadhafi, a déclaré à l'AFP la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen, citant notamment Benghazi, bastion de l'opposition, et Syrte, ville natale du colonel Kadhafi.
Selon elle, les violences lors des manifestations demandant le départ du dirigeant libyen ont fait "entre 300 et 400 morts, probablement plus près de 400".
Une autre ONG, Human Rights Watch, a fait état de son côté lundi matin d'un bilan d'au moins 233 morts.
Les informations de la FIDH, basée à Paris, proviennent essentiellement des ligues libyennes des droits de l'homme. Selon ces informations, le camp de Bab el Azizia, où vit le dirigeant libyen en périphérie de Tripoli, aurait également été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi.
Zaouia désertée par la police, scènes de chaos
La police libyenne a déserté dimanche midi Zaouia, à 60 km à l'ouest de Tripoli, qui est depuis livrée au chaos, ont indiqué à l'AFP plusieurs Tunisiens arrivant de cette ville lundi matin à Ben Guerdane en Tunisie, près de la frontière entre les deux pays. "Il y a des affrontements entre pro et anti-Khadafi depuis deux jours et la police a quitté la ville dimanche midi. Depuis hier, tous les magasins sont fermés, une maison de Kadhafi a été brûlée, des gens ont volé les voitures de policiers, il y a des braquages sur les routes", a raconté Omar Dhawadi, coiffeur de 30 ans, dont les propos ont été confirmés par une dizaine de personnes. "Il y a des tireurs, des violences, des maisons brûlées, il n'y a pas de police, elle est partie depuis hier matin. Dans le centre-ville, il y a des manifestations de partisans de Kadhafi", a également dit un maçon de 27 ans. "Des Libyens brûlent tout ce qu'ils voient, s'attaquent aux établissements publics. Il y a des tirs, des gens avec des pistolets, on ne comprend pas qui tire, des policiers (en civil), des partisans ou des opposants à Kadhafi", a déclaré un troisième témoin, Lofti, maçon de 23 ans, qui dit avoir vu trois morts.
La répression de la contestation en Libye, gouvernée par le colonel Mouammar Kadhafi depuis 42 ans, a fait plus de 230 morts depuis le début de la révolte mardi, selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).
Libye: l'armée a bombardé des dépôts d'armes, dit Seif al-Islam
Les forces armées libyennes ont bombardé des dépôts d'armes situés loin des zones urbaines, a déclaré lundi soir Seif al-Islam, un des fils de Mouammar Kadhafi, selon la télévision libyenne. "Les forces armées ont bombardé des dépôts d'armes situés dans des zones loin des concentrations urbaines", a écrit sur un bandeau la télévision libyenne, précisant qu'elle citait une déclaration de Seif Al-Islam à l'agence officielle Jana.
Seif Al-Islam a ainsi démenti "des informations selon lesquelles les forces armées ont bombardé les villes de Tripoli et de Benghazi", précise la télévision libyenne. La chaîne de télévision Al-Jazira avait notamment fait état de bombardements aériens à Tripoli.
Les violences en Libye entraînent le pétrole à un sommet depuis 2008 Le pétrole a grimpé lundi au-dessus de 105 dollars le baril à Londres, un niveau plus vu depuis fin septembre 2008, porté par des inquiétudes sur l'approvisionnement d'or noir alimentée par une flambée de violence en Libye. BP se prépare à évacuer une partie de son personnel en Libye BP se prépare à évacuer dans les 48 heures une partie de son personnel en Libye, où il emploie en tout cent quarante personnes dont une quarantaine d'expatriés, en raison des violences dans le pays, a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole du groupe pétrolier britannique. "Nous surveillons la situation et nous nous préparons à évacuer une partie des familles (des personnels) et certains employés non-essentiels d'ici un jour ou deux", a déclaré le porte-parole. Ces évacuations vont entraîner la suspension de forages dans l'ouest du pays, dans la région de Ghadamès, qui étaient en cours de préparation, a ajouté ce porte-parole. BP est présent en Libye depuis un accord d'exploration conclu en 2007 avec la compagnie pétrolière nationale. Le groupe pétrolier ne produit pas encore d'hydrocarbures en Libye, et n'a encore procédé à aucun forage sur place. Outre le programme de forages terrestres à Ghadamès, BP envisage de procéder à une série de forages en mer Méditerranée, au large des côtes libyennes, dans le golfe de Syrte. Ces forages sous-marins ont été repoussés à plusieurs reprises l'an dernier, et devraient en principe démarrer mi-2011.
