Barry Roux, l'avocat qui a arraché Pistorius à la prison
La star du barreau sud-africain Barry Roux, qui défend Oscar Pistorius, est apparu comme le grand vainqueur de la première manche de cette affaire hors normes. Portrait.
- Publié le 22-02-2013 à 18h04

La star du barreau sud-africain Barry Roux, qui défend Oscar Pistorius, est apparu comme le grand vainqueur de la première manche de cette affaire hors normes, en obtenant vendredi la libération sous caution du champion handisport accusé du meurtre de sa petite amie.
"Il y a juste une semaine, j'ai reçu un coup de fil. Si j'avais su, je n'aurais pas décroché", a plaisanté l'avocat vendredi, ne dissimulant pas sa fierté d'avoir permis à Oscar Pistorius d'attendre son procès en liberté. Durant les quatre jours d'audience, Barry Roux n'a pas ménagé sa peine. Il est apparu incisif, précis, roué, et remarquablement habile pour déstabiliser l'accusation.
Mercredi notamment, il a été la vedette de la journée, démontant point par point les failles et les lacunes de l'enquête policière.
Sa taille, sa prestance et sa voix puissante sont les armes qu'il utilise devant les tribunaux, où il est connu pour démolir sans pitié ses adversaires. Le responsable de l'enquête de la police Hilton Botha, malgré ses vingt-quatre ans d'expérience, a passé une très mauvaise journée face à Roux.
Il a dû tour à tour admettre que ses hommes avaient oublié de prélever une douille dans la cuvette des toilettes, qu'un témoin censé avoir entendu des cris habitait à plus de 300 mètres du lieu du drame, ou encore que les détectives avaient piétiné les lieux du crime sans chaussures de protection.
Tout au long de ses trente-et-un ans de carrière dans les prétoires, Roux a défendu des causes devenus célèbres, dont une retentissante affaire de fraude fiscale du millionnaire de Glasgow Dave King, dirigeant du club de foot des Glasgow Rangers.
Dans les années 1990, il a également défendu un général de l'époque de l'apartheid, Lothar Neethling, accusé d'avoir ordonné l'empoisonnement aux toxines de militants anti-apartheid. "Tout le monde a été épaté par sa compétence et son efficacité pour conduire le contre-interrogatoire des témoins cités par le parquet, au premier rang desquels l'officier de police chargé de l'enquête", a déclaré à l'AFP le juriste du Cap William Booth.
Au point que le juge à l'audience de Pistorius, Desmond Nair, a parfois dû intervenir pour permettre aux témoins malmenés par Me Roux de se recomposer et de retrouver leur sérénité.
Pour défendre Pistorius, accusé d'avoir abattu par balles sa petite amie Reeva Steenkamp le matin de la Saint-Valentin, Me Roux a rédigé avec son client une déclaration qu'il a lue lui-même devant la cour. Cette version des faits, vraie ou fausse, était en tout cas parfaitement cohérente, et l'accusation s'est cassée les dents en essayant d'y trouver des failles. Selon des sources citées par les médias, Barry Roux demanderait entre 3.500 et 6.000 euros par jour pour défendre Oscar Pistorius.
