Syrie: les preuves d'une attaque chimique détruites ?

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré dimanche que les preuves d'une attaque chimique du régime de Damas en Syrie "pourraient avoir été détruites".

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Syrie: les preuves d'une attaque chimique détruites ?
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Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré dimanche que les preuves d'une attaque chimique du régime de Damas en Syrie "pourraient avoir été détruites".

"Le fait est que la plupart des preuves pourraient avoir été détruites", a dit M. Hague au cours d'une conférence de presse à Londres, quelques heures après le feu vert donné par le régime de Damas à une mission d'inspection de l'ONU dans la zone, près de la capitale syrienne, théâtre mercredi dernier d'une attaque chimique présumée. "D'autres preuves peuvent avoir été endommagées au cours des derniers jours et d'autres peuvent avoir été trafiquées", a-t-il dit.

Dans le sillage de Washington, le ministre britannique a déploré que le régime syrien ait tardé à autoriser les experts de l'ONU à se rendre sur place, permettant la disparition de preuves. "Nous devons êtres réalistes sur ce que l'équipe (des experts) de l'ONU peut obtenir" maintenant, a commenté M. Hague.

Il a répété être convaincu de la culpabilité du régime de Damas: "il y a déjà beaucoup de preuves, et elles pointent toutes dans la même direction", a-t-il assuré.

Selon l'ONU, plus de 100.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le soulèvement contre le régime en mars 2011.

Le régime syrien autorise l'ONU à enquêter

Le gouvernement syrien a donné dimanche son accord aux inspecteurs de l'ONU pour enquêter "immédiatement" sur les allégations d'usage d'armes chimiques près de Damas, a annoncé le ministère des Affaires étrangères. Les experts commenceront leur enquête sur place dès lundi sur les allégations d'usage d'armes chimiques près de Damas, à la suite du feu vert donné par le gouvernement syrien, ont annoncé les Nations unies dimanche.

L'opposition syrienne et des pays européens ont accusé le régime de Bachar al-Assad d'avoir eu recours mercredi à des armes chimiques ayant fait un grand nombre de victimes et au moment où Washington et Londres examinent des options militaires contre le pouvoir.

"Un accord a été conclu aujourd'hui à Damas entre le gouvernement syrien et les Nations unies durant la visite de la haute représentante de l'ONU pour le désarmement, Angela Kane, pour permettre à l'équipe des Nations Unies, dirigée par le professeur Aake Sellström, d'enquêter sur les allégations d'usage d'armes chimiques dans la province de Damas", a annoncé le ministère. Cet accord "entre en vigueur immédiatement", a-t-il précisé.

L'ONU et "le gouvernement syrien vont se mettre d'accord sur la date et l'heure de la visite de l'équipe aux endroits sur lesquels il y a eu accord", a précisé le ministère dans son communiqué.

Cet accord a été conclu lors d'une rencontre dimanche entre Mme Kane et le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, qui assuré que la Syrie était "disposée à coopérer avec l'équipe des inspecteurs pour prouver que les allégations des groupes terroristes (rebelles, ndlr) sur l'utilisation par les troupes syriennes d'armes dans la région de la Ghouta orientale (étaient) mensongères".

Mercredi, une offensive a été lancée dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs aux mains des rebelles à la périphérie de Damas. L'opposition a évoqué 1.300 morts et accusé le régime, qui a catégoriquement démenti, d'avoir perpétré l'attaque avec des gaz toxiques.

La communauté internationale a appelé l'ONU, dont des experts étaient arrivés quelques jours plus tôt en Syrie, à vérifier sur place ces accusations.