COP 21: La Belgique, fossile un jour, fossile toujours?

Alors que Charles Michel s'est exprimé au sommet climat, la Flandre recale une nouvelle fois le projet d'accord belgo-belge. Eclairage.

Gilles Toussaint avec Belga

Alors que Charles Michel s'est exprimé au sommet climat, la Flandre recale une nouvelle fois le projet d'accord belgo-belge.

Le gros retard pris lors du défilé des chefs d'Etat et de gouvernement, ce lundi à la conférence climat de Paris, n'aura pas suffi à Charles Michel pour pouvoir se présenter à la tribune dans la peau du leader d'un pays qui aurait rejoint la classe des bons élèves. Malgré les multiples échanges qui ont à nouveau eu lieu durant toute la journée, le gouvernement fédéral et les Régions ne sont en effet toujours pas parvenus à conclure un accord sur le partage des efforts climatiques que notre pays doit réaliser d'ici à 2020.

Le cirque continue

Alors que la Wallonie et Bruxelles semblaient disposées à avaliser la proposition de compromis trouvée ce week-end par les ministres de l'Environnement et de l'Energie, le gouvernement flamand a pour sa part estimé en début de soirée que "toutes les entités fédérées devaient faire davantage d'efforts" . Un message sibyllin, sorti de la bouche du Ministre-président N-VA Geert Bourgeois, qui signifie que la région flamande n'est pas encore satisfaite par les concessions faites par ses partenaires. La Wallonie se montrait pourtant disposée à prendre à sa charge une part supplémentaire dans les efforts de déploiement des énergies renouvelables. Elle était également prête, tout comme la Région Bruxelloise et, semble-t-il, le Fédéral, à renoncer à une partie des revenus générés par la mise aux enchères des quotas CO2destinés aux industries les plus polluantes. Une cagnotte qui se monte à ce jour à 329 millions d'euros.

Selon nos informations, Geert Bourgeois et son homologue wallon Paul Magnette ont multiplié les échanges téléphoniques au cours des dernières heures. Une contre-proposition formulée par le chef de file du gouvernement wallon n'ayant pas abouti; une autre formulée par la Flandre était dans l'air sans que l'on voie très clair sur la suite des événements.

La réaction conjointe de Groen et Ecolo ne s'est pas fait attendre. Etant donné cette absence d'accord, le groupe vert attend une explication rapide du ministre de l'Energie Marie-Christine Marghem.

La Belgique moquée à Paris

Dans ce contexte, le Premier ministre n'a eu d'autre choix que de prononcer un discours assez convenu devant les négociateurs des 195 pays représentés à Paris. "Un accord ambitieux est indispensable ", a-t-il martelé, ajoutant que "l'échec ne peut pas être une option". Se réfugiant derrière l'Union européenne "qui parle d'une seule voix" , il a souligné que la Belgique était "déterminée à participer à l'effort global" et respecterait les objectifs qui lui sont assignés dans le cadre communautaire. Rappelant l'indispensable solidarité avec les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, il a également confirmé que notre pays dégagerait annuellement 50 millions d'euros à cette fin jusqu'en 2020.

Un discours qui n'a pas vraiment suscité l'enthousiasme. Aux yeux du député écologiste Philippe Henry, il s'agit d'un "service minimum ". Du côté du CNCD – 11.11.11, le jugement n'est guère plus positif. En ce qui concerne la participation belge à l'aide financière internationale, le Premier ministre s'est contenté de formuler l'engagement de 50 millions d'euros déjà annoncé lors du sommet de Copenhague en 2009, observe-t-on. Et encore faudra-t-il s'assurer que cette somme constituera réellement de l'argent neuf et additionnel par rapport au budget dédié à l'Aide au développement.

En attendant, notre pays s'est tout de même vu récompensé lors de cette première journée de sommet : il a reçu le prix du "fossile du jour" attribué quotidiennement par les 950 ONG réunies sous la coupole du "Climate Action network", qui ont tenu à saluer de manière ironique l'inaction belge.

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