New York, enjeu crucial pour Trump et Clinton
Démocrates et Républicains votent ce mardi dans l'Etat de New York pour des primaires qui pourraient marquer un tournant dans la course à l'investiture présidentielle américaine. En particulier chez les Démocrates dans la mesure où l'outsider Bernie Sanders doit absolument limiter la casse. Eclairage.
- Publié le 19-04-2016 à 08h38
- Mis à jour le 19-04-2016 à 11h55
Démocrates et Républicains votent ce mardi dans l'Etat de New York pour des primaires qui pourraient marquer un tournant dans la course à l'investiture présidentielle américaine. En particulier chez les Démocrates dans la mesure où l'outsider Bernie Sanders doit absolument limiter la casse s'il veut conserver une vague chance de barrer la route à Hillary Clinton, mais aussi chez les Républicains puisque celui qui y faisait jusqu'ici figure de favori, Donald Trump, est confronté depuis un mois à une série de revers préoccupants pour lui.
New York est un gros enjeu puisque 95 délégués sont à prendre du côté républicain et 291 du côté démocrate. Quand on sait qu'il en reste respectivement 769 et 1 959 à allouer d'ici à la fin des primaires, le 14 juin, on réalise d'emblée ce que les candidats ont à gagner, et surtout à perdre, ce mardi. L'attribution des délégués à la proportionnelle limitera, certes, l'impact des résultats, à ceci près que, chez les Républicains, des succès engrangés dans toutes les circonscriptions de l'Etat permettraient au vainqueur d'empocher toute la mise.
C'est bien ce qu'espère Donald Trump. Il reste sur une série de défaites cuisantes face à celui qui entend bien l'écarter de la trajectoire présidentielle, le sénateur conservateur du Texas Ted Cruz. Ce dernier l'a emporté dans l'Utah le 22 mars, dans le Wisconsin le 5 avril, au Colorado trois jours plus tard, et finalement dans le Wyoming le lendemain. Trump n'en garde pas moins une avance confortable de quelque deux cents délégués sur son rival, mais la tendance a cependant de quoi l'inquiéter.
"Les valeurs de New York"
Les sondages donnent Donald Trump largement vainqueur ce mardi avec un peu plus de 50 % des intentions de vote. Et non seulement on lui prête une avance de près de trente points sur son adversaire le mieux classé, mais - cerise sur le gâteau - ce n'est pas Ted Cruz qui finirait deuxième : le troisième et dernier homme dans la course républicaine, le gouverneur de l'Ohio John Kasich, coifferait celui-ci au poteau.

Le magnat de l'immobilier, originaire de Brooklyn, a fait campagne en se réclamant des "valeurs de New York" . Cette prétention de Donald Trump a fait beaucoup rire et jaser : les New-Yorkais, qu'ils habitent Big Apple ou Upstate New York, ne sont guère susceptibles de se reconnaître dans le candidat plutôt frustre et volontiers raciste et misogyne qui a promis de construire un mur sur la frontière mexicaine ou de punir les femmes qui se feraient avorter. D'aucuns font malgré tout valoir que c'est la société new-yorkaise (et notamment ses médias) qui a fabriqué le personnage de Trump, tout en lui procurant sa fortune.
Si la victoire annoncée de l'homme d'affaires à New York ne fera que consolider ses positions, sans pour autant lui donner la certitude qu'il parviendra jamais à franchir la barre des 1 237 délégués nécessaires pour obtenir l'investiture du Parti républicain (les analystes spéculent de plus en plus sur la probabilité d'une Convention qui remettrait tout à plat en juillet, au grand dam de Donald Trump), la situation dans laquelle se trouve Hillary Clinton est sensiblement différente. Elle aussi new-yorkaise (au moins d'adoption, puisqu'elle fut sénatrice de l'Etat de 2001 à 2009), elle est pareillement créditée d'un succès facile dans la primaire démocrate de ce mardi, avec un avantage d'une douzaine de points sur son unique concurrent, le sénateur du Vermont Bernie Sanders. Et si ce scénario se confirme, ses conséquences seront lourdes.
La fin de la route pour Bernie Sanders ?
Pour Sanders, en effet, une déroute serait très probablement synonyme de… sortie de route. Il faut 2 383 délégués pour enlever l'investiture démocrate et Hillary Clinton en a déjà 1 776, contre 1 118 seulement pour son adversaire. Le total de Mme Clinton inclut, certes, 469 "super-délégués" qui peuvent à tout moment changer de camp, mais pareille éventualité ne peut que s'éloigner à mesure que la candidate se rapproche de l'objectif. Aussi l'équation semble-t-elle devenir de plus en plus compliquée pour Bernie Sanders, en dépit d'une campagne qui aura surpris autant par sa qualité que par sa durée.