Rescapée du Bataclan, la soeur d'Antoine Griezmann raconte sa nuit du 13 novembre

Maud Griezmann, vingt-huit ans, a vécu les attentats de Paris dans leur épicentre: au Bataclan. Elle se souvient de l'angoisse, l'horreur et la terreur vécues au cours de cette nuit dramatique.

A. He.
Rescapée du Bataclan, la soeur d'Antoine Griezmann raconte sa nuit du 13 novembre
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Maud Griezmann se souvient de l'angoisse, l'horreur et la terreur vécues au cours de cette nuit dramatique. La deuxème demi-finale de l'Euro opposera la France à l'Allemagne. Une affiche, une vraie. Mais au-delà de ce choc qui fait partie des classiques de l'histoire du foot, le match aura une saveur très particulière. Plutôt amère. La dernière fois que ces pays s'étaient affrontés, c'était le 13 novembre dernier. Une victoire anecdotique pour les Bleus. Une nuit d'horreur pour Paris, ses habitants et le monde entier.

A quelques mètres du terrain situé en Seine-Saint-Denis, trois kamikazes se faisaient exploser, tuant une personne et en blessant des dizaines d'autres. Quelques minutes plus tard, au cœur de Paris cette fois, trois complices abattaient des dizaines de victimes attablées en terrasse. Enfin, trois autres terroristes pénétraient dans la salle de concert du Bataclan, où se produisaient les Eagles of Death Metal. Il était 21h40. Maud Griezmann y était avec son compagnon, Simon.

Maud est la sœur aînée d'Antoine Griezmann, attaquant star de l'Equipe de France et actuel meilleur buteur de l'Euro avec quatre réalisations. La jeune femme, âgée de vingt-huit ans, s'est exprimée pour la première fois sur cette prise d'otages sanglante dans les colonnes du "New York Times". "Au début, on pensait que c'était une blague", dit-elle, en repensant aux premiers coups de feu tirés dans la salle. "On pensait que cela faisait partie du concert, puis on a entendu les cris." C'est alors qu'elle plonge au sol, afin d'éviter les balles qui fusent de partout. "Si on bougeait, on te tirait dessus. Quelqu'un a bougé à côté de moi et ils l'ont abattu. Ils l'ont juste abattu et je l'ai entendu tomber."

Rescapée du Bataclan, la soeur d'Antoine Griezmann raconte sa nuit du 13 novembre
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Durant nonante minutes, elle reste prostrée au sol, alors que le trio poursuit méticuleusement son massacre. Elle explique ensuite comment elle "communique" avec son ami Simon, par le biais d'une femme couchée entre eux. Maud et Simon tiennent chacun l'une des mains de cette femme, dont ils ne savent toujours rien, huit mois après le drame. Tout au long des faits, ils n'auront de cesse de serrer la main de leur voisine chacun à leur tour. Celle-ci "transmet" alors le message à l'autre en serrant son autre main. "C'était notre seule façon de nous dire qu'on était toujours en vie", raconte Maud.

Elle revient ensuite sur les longs silences, "curieusement plus effrayants que les bruits de coups de feu", écrit le "New York Times". Elle se rappelle la fuite, le sprint piqué vers la sortie au moment de l'intervention du RAID, l'attente pendant l'intervention des forces spéciales, l'appel à sa mère pour la rassurer, la marche dans Paris, jusqu'à la place de la République. Et ce chauffeur de taxi qui rechigne à les prendre en charge, elle et son ami, car "il a peur pour ses sièges". "Mes vêtements étaient couverts de sang."

Enthousiaste par rapport aux exploits de son frangin, dont elle est très proche, Maud Griezmann attend ce France-Allemagne comme toute fan de football, sans appréhension, ni inquiétude. "C'est un match important pour Antoine, l'équipe et pour les fans", dit-elle. "Mais ce n'est rien d'autre que cela." Quant à son petit frère, dont elle est l'attachée de presse, elle a évoqué avec lui cette nuit du 13 novembre à une seule reprise. "Après quoi, tous deux ont décidé que le mieux était d'aller de l'avant", peut-on lire. "Ma famille et la vie sont ma thérapie", conclut celle qui est décrite comme souriante et rieuse par notre confrère Sam Borden.

Ce jeudi, Maud Griezmann sera à Marseille pour soutenir son frère et ses potes. Pour le foot et rien que pour le foot.

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