Mme Mugabe poursuivie pour coups et blessures

FILE - In this Saturday Feb. 27, 2016 file photo, Zimbabwe President Robert Mugabe, left, and his wife Grace attend his birthday celebrations in Masvingo, Zimbabwe. President Robert Mugabe is in South Africa as his wife is accused of assaulting a young model. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi, File)
FILE - In this Saturday Feb. 27, 2016 file photo, Zimbabwe President Robert Mugabe, left, and his wife Grace attend his birthday celebrations in Masvingo, Zimbabwe. President Robert Mugabe is in South Africa as his wife is accused of assaulting a young model. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi, File) ©AP
Hubert Leclercq (avec AFP)

Le fait divers tourne au dossier diplomatique pourri entre les deux voisins du sud de l’Afrique.

Grace Mugabe (52 ans), la jeune épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe (93 ans), est accusée d’avoir frappé et blessé au visage Gabriella Engels, une mannequin de 20 ans qui se trouvait dans le même hôtel qu’elle avec des amis, dimanche dernier, dans un quartier huppé de Johannesbourg.

La jeune femme a déposé plainte pour coups et blessures, assurant avoir été entaillée au front. Selon les détails livrés par la Police, Mme Mugabe avait initialement convenu avec les autorités sud-africaines de se présenter d’elle-même mardi dans un commissariat de Johannesbourg.

Cet "arrangement" devait lui permettre de présenter sa "version des faits" avant que le parquet ne se prononce sur l’ouverture éventuelle d’une enquête.

Mais la "suspecte" a finalement renoncé à se présenter devant les autorités sud-africaines, se prévalant d’une protection diplomatique en tant qu’épouse du président zimbabwéen.

Dans la foulée, Grace Mugabe a aussi informé les autorités sud-africaines de sa présence au sommet de la Communauté de développement des pays d’Afrique australe auquel son époux doit participer ce week-end à Pretoria, selon le ministère. Robert Mugabe a d’ailleurs quitté dès mercredi soir sa capitale Harare pour Pretoria en vue de cette réunion, a rapporté la télévision nationale zimbabwéenne, sans mentionner l’affaire impliquant sa femme.

Grace Mugabe se trouvait en Afrique du Sud pour faire soigner une blessure au pied, selon les médias de son pays. Comme son mari, elle se rend parfois à l’étranger pour des raisons médicales, les services de santé de son pays étant en pleine déliquescence.

Cette affaire, qui a débuté comme un simple fait divers, menace de perturber les relations traditionnellement bonnes entre l’Afrique du Sud et son voisin.

"Les citoyens étrangers doivent comprendre qu’ils ont des responsabilités, surtout ceux qui ont des passeports diplomatiques. Je ne peux pas me rendre au Zimbabwe, tabasser quelqu’un et attendre que l’affaire disparaisse", a déclaré mardi le ministre sud-africain de la Police Fikile Mbalula.

Cette affaire entache un peu plus l’image déjà très controversée de la première dame. Mariée au président zimbabwéen depuis 1996, elle est régulièrement épinglée pour son goût pour les vêtements de luxe, les voyages et son implication supposée dans des scandales de corruption dans un pays plombé par une grave crise économique.

Future présidente ?

De plus en plus impliquée dans les affaires politiques du pays, Grace Mugabe est présidente de la ligue des femmes de la ZANU-PF, le parti au pouvoir au Zimbabwe. Elle est régulièrement présentée comme l’une des favorites pour succéder à son mari à la tête du Zimbabwe. Pour l’heure, Robert Mugabe, qui est à 93 ans le plus vieux dirigeant en exercice de la planète, n’a pas l’intention de céder sa place : il est d’ores et déjà candidat à sa propre succession pour les élections de 2018.H. Le. (avec AFP)