États-Unis: un conservateur "qui a tout pour plaire à Trump" nommé à la justice

- Publié le 09-12-2018 à 08h46
- Mis à jour le 10-12-2018 à 16h57

États-Unis Juriste brillant, William Barr a apparemment aussi tout pour plaire à Donald Trump.Ce n'est qu'une coïncidence, puisque William Barr était pressenti depuis longtemps pour succéder à Jeff Sessions à la tête du ministère américain de la Justice. Il n'en est pas moins singulier que Donald Trump ait choisi d'annoncer sa nomination au lendemain des funérailles de George H.W. Bush, sachant que Barr, 68 ans, fut déjà le ministre de la Justice du 41e président des États-Unis, décédé le 30 novembre dernier.
Donald Trump a justifié son choix en saluant en William Barr "un des juristes les plus respectés du pays". Diplômé en droit de l'université George Washington, mais aussi en études chinoises de l'université Columbia, l'homme est effectivement "brillant". Appelé à la Maison-Blanche sous Ronald Reagan après neuf ans de pratique juridique dans un grand cabinet privé, il avait impressionné plus tard George H.W. Bush quand, assumant l'intérim du ministre de la Justice Richard Thornburgh, il dirigea de main de maître la libération des otages qu'avaient pris des exilés cubains à la prison de Talladega, dans l'Alabama. Le Président en fit donc son Attorney General en novembre 1991, fonction qu'il assuma jusqu'à la passation de pouvoir à Bill Clinton, en janvier 1993.
Mais ce catholique new-yorkais a aussi tout pour plaire à Donald Trump et à son électorat de droite. Il est réputé très conservateur et, lorsqu'il passa son épreuve de confirmation au Sénat en 1991, il ne fit pas mystère de son opposition à l'arrêt de la Cour suprême "Roe v. Wade" légalisant l'avortement. Il est aussi un ardent défenseur d'une conception extensive des pouvoirs présidentiels.
L'enquête sur "l'affaire russe"
Dans ce contexte, chacun se demande quelle sera son attitude à l'égard de l'enquête menée par le procureur indépendant Robert Mueller sur une éventuelle collusion de l'entourage de Donald Trump avec la Russie durant la campagne présidentielle de 2016. Jeff Sessions avait scellé sa disgrâce en se refusant à superviser cette enquête, dans laquelle il était devenu juge et partie.
La nomination de William Barr n'est pas le seul changement attendu dans l'équipe présidentielle. Donald Trump a également annoncé vendredi la désignation de Heather Nauert, une journaliste de Fox News (et elle aussi diplômée de Columbia), au poste d'ambassadeur auprès de l'Onu. Les médias américains font par ailleurs état du départ désormais "imminent" du général John Kelly, le secrétaire général de la Maison-Blanche, considéré comme le dernier garde-fou d'une Administration hors-norme.
