Trump veut-il vraiment la peau de J. Powell, le patron de la Fed ?

- Publié le 23-12-2018 à 19h57
- Mis à jour le 23-12-2018 à 19h58

Virer le patron de la très puissante Réserve fédérale américaine (Fed), l'institution qui fait la pluie et le beau temps sur les marchés financiers de la planète. Rien que cela. Telle est l'intention prêtée par la presse américaine à Donald Trump qui aurait, dit-on, consulté en privé ses conseillers sur la question. Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a tenté de calmer le jeu dimanche, en disant qu'un tel limogeage n'était pas envisagé.
Une hausse des taux qui passe mal
Mais le courant ne passe plus du tout entre le président américain et Jerome Powell depuis quelques semaines. Powell - ex-banquier et Républicain - avait pourtant été nommé par Trump lui-même en novembre 2017. Un choix qu'il dit regretter aujourd'hui. Et la décision de la Fed de relever la semaine dernière ses taux d'intérêt a été très mal accueillie par le locataire de la Maison-Blanche. "C'est incroyable qu'avec un dollar très fort et virtuellement aucune inflation, le monde qui explose autour de nous, Paris qui brûle et la Chine sur la pente descendante, la Fed puisse seulement penser à une nouvelle hausse de taux d'intérêt", avait-il tweeté peu avant la décision de la Fed, dans une ultime pression. Car pour Donald Trump, cette hausse des taux complique singulièrement le financement de la politique fiscale et économique de son administration. L'appréciation du dollar pourrait également hypothéquer sa volonté de réduire le déficit commercial américain en rendant les exportations américaines plus onéreuses. Enfin, la dernière hausse des taux met également sous pression la Bourse américaine. Wall Street affichera d'ailleurs d'ici quelques jours son pire bulletin depuis 2008, année du déclenchement de la crise bancaire. Alors que Wall Street avait connu des mois très fastes après l'élection de Donald Trump, la dégringolade de 2018 fait tâche pour un président élu, notamment sur sa promesse de rendre du pouvoir d'achat aux Américains.
Les prochaines semaines diront si Trump passera de la menace aux actes. Mais en a-t-il seulement le pouvoir, se demande-t-on dans les couloirs de Washington. En attendant, la Fed, jalouse de son indépendance, entend bien montrer qu'elle n'est pas aux ordres de Donald Trump.