Venezuela : Un second mandat pour Maduro
- Publié le 10-01-2019 à 09h59
- Mis à jour le 10-01-2019 à 10h00

Sa réélection n'est reconnue ni par ses voisins, ni par l'UE, ni par Washington.Nicolas Maduro, 56 ans, entame ce 10 janvier un second mandat après sa réélection en mai dernier, lors d'un scrutin dont il avait exclu l'opposition et dont la légitimité n'a été reconnue ni par l'Union européenne, ni par Washington, ni par la majorité des pays d'Amérique latine.
M. Maduro a quitté la voie démocratique en mars 2017 lorsque la Cour suprême (à sa dévotion depuis qu'il a nommé la majorité de ses membres à la veille d'une victoire de l'opposition aux législatives de décembre 2015) s'est attribué les pouvoirs de l'Assemblée législative, où les anti-Maduro avaient la majorité absolue. Devant le tollé suscité par ce coup d'État institutionnel, le pouvoir avait dû revenir sur sa décision mais, quelques mois plus tard, M. Maduro revenait à la charge en décrétant l'élection d'une assemblée constituante "en vue de transformer l'État et surtout cette Assemblée nationale pourrie qui est là".
Assemblée doublée par une autre
La nouvelle assemblée a été élue selon un mode inédit favorisant les pro-Maduro et les parlementaires élus en décembre 2015 ont cessé d'être payés en 2016. Toutes leurs décisions sont annulées par la Cour suprême.
La violence et les divisions de l'opposition anti-Maduro lui ont valu une gifle lors de l'élection des gouverneurs, en octobre 2017. Les principaux partis de cette opposition se sont ensuite abstenus lors des municipales de décembre 2017. Nicolas Maduro a saisi cette occasion pour annoncer que "tout parti qui n'a pas participé aujourd'hui et qui a appelé au boycott des élections ne peut plus participer" à la présidentielle de 2018 - une annonce légitimée ensuite par la Cour suprême.
Crise migratoire et isolement
Durant ces passes d'armes politiques, la crise économique - créée par la chute de la production et des prix pétroliers, la mauvaise gouvernance et l'isolement croissant du Venezuela - s'est accentuée, suscitant une crise migratoire (2 millions de migrants économiques) qui a frappé les voisins de Caracas, surtout la Colombie et le Brésil, qui ont décidé de s'allier aux États-Unis pour combattre le régime Maduro. Ce dernier a quant à lui déposé mardi une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce contre Washington en raison des sanctions américaines contre des dirigeants et entreprises vénézuéliens.