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Comment le général Gaïd Salah s'est retrouvé seul face au peuple algérien

Les Algériens veulent le départ de tous les serviteurs du régime.

Arezki Aït-Larbi, correspondant à Alger
Comment le général Gaïd Salah s'est retrouvé seul face au peuple algérien
©AFP

Les Algériens veulent le départ de tous les serviteurs du régime. Un général ne se rend jamais. Même pas à l'évidence !" À elle seule, cette pancarte portée par une jeune femme résume l'état d'esprit des Algériens, qui, malgré la démission, mardi, du président Bouteflika, ne veulent rien lâcher. Pour ce septième vendredi de mobilisation générale, ils étaient encore des millions à manifester leur refus d'un changement cosmétique.

En prenant le dessus sur le clan présidentiel qui s'apprêtait à le limoger, le général Gaïd Salah croyait avoir gagné la partie ; il se retrouve en première ligne face à la grogne populaire toujours aussi déterminée, malgré le slogan qui célèbre toujours le "khawa, khawa", la fraternité entre le peuple et l'armée. Hier à Alger, le zèle de retraités de l'armée en uniforme qui ont tenté de faire ovationner le chef d'état-major a tourné court. "C'est la révolution du peuple et non de Gaid Salah. Tous les voleurs et les corrompus doivent rendre des comptes !", hurle un manifestant à l'aide d'un mégaphone. Et ce n'est pas l'arrestation d'Ali Haddad, le président déchu du Forum des chefs d'entreprises placé mercredi sous mandat de dépôt, qui va calmer les esprits. Livré à la vindicte populaire, le bouc-émissaire ne peut occulter d'autres membres de la "bande criminelle" dénoncée par le chef d'état-major. "Il y a des oligarques plus puissants que Haddad qui ont des connexions multiples, notamment avec des cercles du pouvoir toujours à la manœuvre, s'emporte un sociologue. Mais aussi leurs parrains politiques, qui sont protégés par une solide impunité !"

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