Un poison nommé Trump
- Publié le 03-06-2019 à 08h55
- Mis à jour le 03-06-2019 à 08h56
Un commentaire de Christophe Lamfalussy.
Donald Trump continue à distiller son poison dans les relations internationales. Ce week-end, dans une série d'interviews à la presse d'Outre-Manche, il a recommandé aux Britanniques d'enrôler Nigel Farage, l'homme du Brexit, dans de nouvelles négociations avec l'Union européenne, et si celles-ci n'aboutissent pas, de claquer la porte sans honorer leurs engagements financiers estimés à 44 milliards d'euros.
Le président américain s'ingère non seulement dans les affaires intérieures du Royaume-Uni mais aussi dans celles de l'Union. Ses propos visent à diviser les Européens et à renouer une sorte d'union sacrée avec Londres, qui dans l'esprit de Trump est davantage une OPA sur le Royaume-Uni qu'un vrai partenariat.
Tout cela alors qu'on s'apprête à commémorer le mercredi 6 juin le 75e anniversaire du débarquement de Normandie. Trump est attendu jeudi non loin d'Omaha Beach où des milliers de soldats américains se sont battus et sont morts pour avoir voulu libérer l'Europe du désastre nazi.
Si Trump prenait le temps de lire les livres d'histoire plutôt que de s'extasier sur la popularité de son compte Twitter, il apprendrait que les discours extrémistes, racistes et populistes ont fait le lit des régimes totalitaires que l'Europe a connus. Il faut donc les combattre.
Au contraire, le président américain s'aligne sur tous ceux qui, des intrigants de l'ultra droite aux nationalistes russes, souhaitent affaiblir l'Union européenne, la balkaniser et en finir avec l'euro, ce projet né de la réconciliation franco-allemande.