Un nombre record de 120 millions de personnes fuient dans le monde : "Des solutions existent"
L'agence des Nations Unies pour les réfugiés alerte sur l'inaction face à la recrudescence des déplacements forcés.

- Publié le 13-06-2024 à 11h28
- Mis à jour le 13-06-2024 à 13h17

Le bilan est préoccupant : le nombre de personnes déracinées dans le monde a franchi la barre des 120 millions en mai 2024, un nombre qui équivaut presque à la population du Japon, le douzième pays le plus peuplé au monde. Il s'agit de la douzième augmentation annuelle consécutive, s'alarme l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) qui est à l'origine de ce constat.
L'un des principaux facteurs à l'origine de cette hausse est le conflit fratricide qui ébranle le Soudan depuis un an, sous l'indifférence apparente de la communauté internationale. À la fin de l'année 2023, ce sont près de 11 millions de Soudanais qui avaient été déplacés de force.
Responsabilité de la communauté internationale
D'autres territoires subissent de violents combats et sont concernés par le triste phénomène comme la République démocratique du Congo, la Birmanie, l'Ukraine, la bande de Gaza, la Syrie… Cette dernière reste le pays qui, depuis le début de la guerre civile en 2011, traverse la plus grande crise de déplacement au monde, avec 13,8 millions de personnes déplacées de force à l'intérieur et à l'extérieur des frontières.
Il est grand temps que les belligérants respectent les lois fondamentales de la guerre et le droit international
"Derrière ces chiffres se cachent d'innombrables tragédies humaines. Ces souffrances doivent inciter la communauté internationale à agir de toute urgence pour s'attaquer aux causes profondes des déplacements forcés", souligne Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. "Il est grand temps que les belligérants respectent les lois fondamentales de la guerre et le droit international. Sans une meilleure coopération et des efforts concertés pour faire face aux conflits, aux violations des droits humains ainsi qu'à la crise climatique, le nombre des personnes déracinées continuera d'augmenter. Cela entraînera plus de misère et nécessitera des réponses humanitaires coûteuses."
Des solutions possibles
Le rapport de l'UNHCR indique néanmoins des chiffres porteurs d'espoir : plus de 6 millions de personnes ont pu rentrer chez elles en 2023, et 160 000 ont pu être réinstallées, trouvant un nouveau domicile dans leur pays ou ailleurs. Un nombre qui est en augmentation par rapport à 2022.
"Les réfugiés – et les communautés qui les accueillent – ont besoin de solidarité. Ils contribuent effectivement aux sociétés lorsqu'ils sont intégrés et peuvent en faire davantage", note toutefois Filippo Grandi. "Des solutions existent – nous avons vu des pays comme le Kenya ouvrir la voie à l'intégration des réfugiés – mais cela nécessite un véritable engagement."