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En Allemagne, le cordon sanitaire autour de l'extrême droite en passe de tomber : "Un tabou sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale"

La droite chrétienne-démocrate allemande veut durcir la politique migratoire, en s'appuyant s'il le faut sur le soutien du parti d'extrême droite AfD lors du vote parlementaire. Ce serait une première. La gauche crie au scandale.

Delphine Nerbollier, correspondante à Berlin
Leader of Germany's Christian Democratic Union (CDU) Friedrich Merz (R) and the parliamentary group leader of the Bavarian conservative Christian Social Union (CSU) party give a statement following a parliamentary group's meeting at the Bundestag, Germany's lower house of parliament, in Berlin, on January 28, 2025. (Photo by Odd ANDERSEN / AFP)
La tactique du leader de la CDU, Friedrich Merz, brise un tabou “car elle rappelle la coalition des conservateurs allemands avec les nazis durant la République de Weimar”, juge le politologue Herfried Münkler ©AFP or licensors

Cette semaine pourrait s'avérer historique en Allemagne. Pour la première fois en effet, un texte de loi et deux résolutions présentées par la droite démocratique pourraient être votés au Bundestag avec le soutien de l'extrême droite. Le cordon sanitaire habituellement observé face au parti Alternative pour l'Allemagne (AfD) pourrait donc tomber.

Alors que l'extrême droite grimpe dans les sondages, l'Allemagne réfléchit à la protection de ses institutions démocratiques

À l'origine de cette polémique se trouve l'attaque au couteau d'Aschaffenburg du 22 janvier, commise par un demandeur d'asile débouté. Depuis cet événement, Friedrich Merz le chef de l'Union chrétienne démocrate (CDU), a présenté un plan en cinq points pour réduire l'immigration illégale et présentera deux résolutions en ce sens ce mercredi au Parlement, avant un texte de loi vendredi. Le favori des sondages et potentiel futur chancelier à l'issue des législatives anticipées du 23 février souhaite faire passer ces textes "quels que soient les soutiens politiques", c'est-à-dire, s'il le faut, avec les voix de l'extrême droite. "Un bon texte ne devient pas mauvais parce qu'il est soutenu par les mauvaises personnes" a-t-il argumenté.

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