Manifestations en Californie : "Plus la situation empire, plus cela fait l'affaire du populiste Trump"

Comme chaque matin, Maxime Binet reçoit dans le "Café sans filtre" un invité afin d'évoquer les sujets chauds de l'actualité.

Sur LN24 et LN Radio, Raoul Delcorde, professeur de géopolitique à l'UCLouvain et ancien ambassadeur en Suède, au Canada et en Pologne, était l'invité du "Café sans filtre" ce mercredi 11 juin.

La Californie et Los Angeles sont-elles au bord de l'insurrection ? Suite aux récentes manifestations et multiples heurts ces derniers jours, le président américain a finalement décidé de mobiliser près de 700 marines, ainsi que plus de 4000 membres de la garde nationale.

Une situation qui, pour Raoul Delcorde, ne laisse rien présager de bon. "La situation peut rappeler, par certains aspects, d'autres insurrections", développe-t-il. "Les émeutes de Watts, dans les années 60, et les émeutes raciales dans le début des années 90".

Avec un gouverneur démocrate à sa tête, fortement pressenti pour être le prochain candidat aux présidentielles, la Californie est rapidement devenue la cible des attaques de Donald Trump. "La Californie est ce qu'on appelle à la Maison Blanche un état sanctuaire, c'est-à-dire un État qui est accusé d'être trop indulgent envers les immigrés".

La démocratie US en mode survie

Face à cela, Trump souhaiterait donc, avec l'aide de l'ICE, la police de l'immigration américaine, expulser 3000 immigrés par jour. Un chiffre que l'expert juge "complètement irréaliste". "Ils n'en ont pas les moyens", justifie-t-il.

Comment Donald Trump voit-il cette situation californienne ? "Ça l'arrange très bien, parce que pour le moment, ça va plutôt mal", juge Raoul Delcorde. L'actualité du président américain, entre séparation avec Elon Musk et chamboulements économiques, n'a pas été de tout repos dernièrement. "Là, il divertit l'attention, sur un thème qui a été très porteur : l'immigration".

Une situation problématique aux États-Unis, donc, mais qui ne se limite pas qu'à la Californie. En effet, depuis plusieurs semaines, Donald Trump semble avoir trouvé sa nouvelle cible : les universités de l'Ivy League, et Harvard en première ligne.

"Harvard incarne aux yeux de Trump l'arrogance et l'élitisme des universités de l'Ivy League. Il s'est attaqué à Columbia, qui a finalement cédé", explique le professeur. "En tant que professeur d'université, je suis inquiet, car si Harvard cède, toutes les autres universités vont céder", conclut Raoul Delcorde. "C'est une intrusion dans la liberté académique, dans un pays dont le soft power est l'attraction de l'élite mondiale dans ses meilleures universités".

Etats-Unis: plus d'étudiants étrangers à l'université d'Harvard, pressions sur Columbia

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