Türk prolongé comme chef des droits humains de l'Onu malgré l'opposition ferme des États-Unis, de la Russie et d'Israël

L'Assemblée générale de l'Onu a voté vendredi (herue locale) le renouvellement pour quatre ans du mandat de Volker Türk en tant que haut-commissaire aux droits de l'Homme, malgré l'opposition ferme des États-Unis, de la Russie et d'Israël.

<p>Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Volker Türk, à Genève, le 9 septembre 2024</p>
Türk prolongé comme chef des droits humains de l'Onu malgré l'opposition ferme des États-Unis, de la Russie et d'Israël - Clone ©AFP/Archives

Par 144 voix pour, 10 contre et 13 abstentions, l'Assemblée a approuvé ce renouvellement pour quatre ans à partir du 12 octobre 2026, acceptant la proposition du secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres. Une proposition alternative de la Russie de prolonger seulement le mandat de quelques mois, jusqu'au 31 décembre 2026, a été largement rejetée, tout comme la demande des États-Unis de reporter le vote.

"Au cours de son premier mandat marqué par la brutalisation du monde, par la multiplication des attaques contre le multilatéralisme et par la remise en cause de l'universalité des droits humains, M. Türk a su, par sa rigueur et son impartialité, démontrer qu'il avait toutes les qualités pour exercer cette fonction", a salué l'ambassadeur français Jérôme Bonnafont, décrivant le haut-commissaire comme "une voix de conscience".

Des éloges que sont loin de partager certains États membres, comme les États-Unis. L'ambassadeur américain Jeff Bartos a critiqué cette reconduction sur la forme et sur le fonds, accusant Antonio Guterres d'avoir précipité le calendrier pour offrir "à son ami de longue date quatre ans de salaire". "Ne vous y trompez pas, si cette Assemblée tolère les abus de procédure, les accords en coulisse et le détournement de postes au sein de l'Onu, il y aura des conséquences. Les États-Unis réévalueront immédiatement leur engagement, leur participation et leur financement", avait-il mis en garde juste avant le vote.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait également dénoncé sur le réseau social X "la nouvelle faute morale" d'Antonio Guterres, l'accusant une fois encore d'avoir des "préjugés contre Israël".

Depuis qu'il a succédé à Michelle Bachelet en octobre 2022, Volker Türk s'est exprimé sur la plupart des grands dossiers internationaux: invasion russe de l'Ukraine, guerre à Gaza, Afghanistan, Soudan, Bangladesh, Birmanie ou encore Nicaragua. Le juriste autrichien insiste régulièrement sur l'universalité des droits humains et sur la nécessité d'appliquer le droit international de manière égale à tous les États, quelles que soient les considérations géopolitiques. Ses prises de position lui valent toutefois de vives critiques de plusieurs gouvernements, notamment la Russie et Israël, souvent visés par ses discours.

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