Qui est Ilija Srdanović, l'homme qui a fait chavirer le pouvoir en Serbie
Ilija Srdanović, un cardiologue au cœur du changement, a mené avec succès la "liste des étudiants" aux élections législatives.

- Publié le 26-10-2026 à 19h44

"C'était la dernière chance pour que notre société parvienne à se soigner, à punir les coupables et pour que nous commencions à vivre comme des gens normaux", se réjouit Dušan Spasojević, professeur à la Faculté des sciences politiques de Belgrade. Pour engager la thérapie, les étudiants ont fait appel à un cardiologue de renom, Ilija Srdanović, professeur à la Faculté de médecine de Novi Sad. Dimanche soir, son cri de joie à l'annonce de la victoire est devenu viral sur les réseaux sociaux.
Né en 1970 à Novi Sad, sportif, engagé dès le premier jour aux côtés de ses étudiants, avec qui il a partagé les longues marches et les caravanes à vélo à travers la Serbie, le professeur Srdanović est un enfant de la Voïvodine, cette plate région qui s'étend au nord de la Serbie, qui disposait autrefois d'une autonomie que Milošević a rognée mais qui reste toujours très multiethnique, malgré les changements de population des trente dernières années.
Ilija Srdanović a grandi dans la petite ville de Vrbas puis étudié la médecine à Novi Sad. Après avoir été mobilisé dans les guerres des années 1990, il a été embauché en 1997 à l'Institut de médecine cardio-vasculaire de Sremka Mitrovica, tout en entamant une brillante carrière académique, et sans qu'on lui connaisse d'engagement politique particulier.
C'est la chute tragique de l'auvent de la gare de Novi Sad, tuant seize personnes le 1er novembre 2024, qui a changé le cours de sa vie. Il rejoint le réseau Université libre qui soutient les étudiants et fait un discours remarqué lors du rassemblement de mai 2026 à Belgrade, dressant un tableau clinique inquiétant de l'état de la santé en Serbie et insistant sur "l'urgence de changements profonds dans la société et dans l'État". Interrogé sur le Kosovo, il s'est contenté de répondre que la Liste étudiante reconnaissait la Constitution de Serbie, qui stipule que l'ancienne province serait toujours une "partie intégrante" du territoire national.
Bon orateur et bon danseur de kolo, la ronde traditionnelle serbe qui a accompagné chaque meeting de la campagne, il avait le profil idéal pour conduire la Liste étudiante, qui se voulait représentative de la société civile mais dépourvue d'étiquettes partisanes. Sa position en tête de la Liste étudiante ne garantit nullement qu'il deviendra Premier ministre. D'autres noms pourraient bien sortir du chapeau.