Nicaragua: l'Onu prend la défense d'Amaya Coppens
- Publié le 19-11-2019 à 17h07
- Mis à jour le 19-11-2019 à 17h09

Les accusations contre elle et ses 12 compagnons sont "apparemment fabriquées".
Le porte-parole du Haut Commissaire de l'Onu aux Droits de l'Homme, Rupert Colville, s'est dit mardi "très préoccupé par la situation" de la Belgo-Nicaraguayenne Amaya Coppens et douze de ses compagnons, arrêtés le 14 novembre à l'église San Miguel de Masaya. Les 13 jeunes gens y apportaient de l'eau à 11 femmes en grève de la faim pour réclamer la libération de 139 opposants politiques; la police avait coupé l'eau et empêché l'introduction de médicaments.
Lundi, le parquet a accusé les 13 jeunes gens de "trafic d'armes", la police ayant assuré avoir trouvé dans des véhicules qui leur appartiendraient 12 cocktails Molotov, un fusil de chasse, trois révolvers et quatre armes à feu artisanales.
Selon le président du tribunal, "les criminels avaient prévu de perpétrer des actes terroristes dans les départements de Managua, León, Chinandega et Masaya, contre des bâtiments et des installations d'unités de police, des maires et des monuments des héros et martyrs".
"S'en prendre à la dissidence"
Selon le porte-parole du Haut Commissaire de l'Onu aux Droits de l'Homme, "ces accusations apparemment fabriquées de toutes pièces pourraient constituer une nouvelle tentative de s'en prendre à la dissidence". Il relève que deux défenseurs des droits de l'Homme figurent dans les 13 arrêtés, Olga Valle et Amaya Coppens. Celle-ci est une étudiante en médecine qui avait été détenue durant huit mois pour des protestations étudiantes contre le régime, avant d'être libérée en juin dernier à la suite d'une amnistie. "Sa détention pourrait être considérée comme un acte de représailles pour avoir dénoncé la situation des droits de l'Homme au Nicaragua et sensibilisé les responsables et les mécanismes de l'Onu. Elle avait récemment rencontré le Bureau des droits de l'Homme de l'Onu à Genève", ajoute Rupert Colville.
Lundi, des dizaines de partisans du régime ont attaqué, dans la cathédrale de Managua, huit autres grévistes de la faim demandant la libération des détenus politiques.