La Commission européenne tacle Trump après ses propos sur le Groenland: "Les menaces qui ne se concrétisent pas sont nombreuses"
La souveraineté des États membres de l'Union européenne doit être respectée, a répondu mercredi la Commission européenne aux journalistes qui l'interrogeaient sur les visées expansionnistes de Donald Trump sur le Groenland, entre autres. Elle juge toutefois les propos du président-élu "très hypothétiques".

- Publié le 08-01-2025 à 14h26

Les porte-paroles de l'exécutif européen se sont refusés à aller plus loin dans leurs commentaires. "Les menaces qui ne se concrétisent pas sont nombreuses et à ce stade, nous n'estimons pas qu'il faut aller au-delà", a commenté la porte-parole en chef, Paola Pinho.
La priorité est de travailler avec Washington à une coopération transatlantique renforcée sur les sujets d'intérêt commun, a insisté sa collègue en charge des Affaires étrangères, Anitta Hipper.
Quant à savoir si la clause de défense mutuelle du traité sur l'Union européenne (article 42.7) pourrait s'appliquer au Groenland, territoire d'outre-mer associé à l'Union européenne et constitutif du Danemark, la réponse purement juridique est oui. Cet article prévoit qu'au cas où un État membre serait l'objet d'une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir. "Mais nous parlons là d'un sujet extrêmement théorique", tempère Paola Pinho.
La veille, le président-élu des États-Unis avait refusé d'écarter l'idée de recourir à la force pour annexer le canal de Panama et le Groenland, menaçant également d'user de la "force économique" contre le Canada.
Quant à la menace de mesures économiques contre l'UE, "nous nous préparons à tout scénario" depuis un an avec une équipe dédiée, a rappelé Olof Gill, le porte-parole en charge de la sécurité économique. "La priorité est d'identifier les pistes de coopération" avec Washington, mais "nous sommes prêts à défendre nos intérêts le cas échéant". Lui aussi tempère en soulignant que ce sont là des "questions purement hypothétiques, concernant une administration qui n'est pas encore entrée en fonction".
