Donald Trump déclare l'état d'urgence à la frontière avec le Mexique pour "la restauration complète de l'Amérique"
Les premiers décrets signés après son investiture visent prioritairement l'immigration.

- Publié le 20-01-2025 à 19h37
- Mis à jour le 21-01-2025 à 09h59

État d'urgence à la frontière du sud des États-Unis, envoi de l'armée pour contrôler celle-ci, assimilation des cartels à des "organisations terroristes"… À peine investi, Donald Trump a confirmé qu'il allait signer une série d'executive orders visant "à la restauration complète de l'Amérique et la révolution du bon sens". Lesquels ne garantissent pas forcément "l'unité", "la paix" et "la dépolitisation" de la justice que le 47e Président promet à ses concitoyens.
Sous les applaudissements des membres de sa nouvelle administration et des représentants républicains, et à l'effroi visible de Joe Biden et d'autres Démocrates présents sous la rotonde du Capitole, il a commencé à appliquer à la lettre son agenda, martelé durant sa campagne électorale.
État d'urgence énergétique
"Toutes les entrées illégales seront immédiatement stoppées. Et nous commencerons à renvoyer des millions et des millions d'étrangers criminels là d'où ils viennent." Il affirme aussi qu'il va envoyer "des troupes à la frontière pour repousser l'invasion désastreuse de notre pays".
Comme annoncé, également, le 47e Président a proclamé un "état d'urgence énergétique" sous le mot d'ordre "Drill, Baby, Drill" ("Fore, coco, fore !"). Désireux de "stopper le délire transgenre", il a en outre annoncé la suppression de mesures fédérales existantes en matière de diversité au sein de l'armée et dans les ressources humaines – désignées aux États-Unis sous le sigle DEI, pour diversity, equity and inclusion ("diversité, équité et inclusion"). "À partir d'aujourd'hui, la politique officielle du gouvernement des États-Unis sera de dire qu'il n'y a que deux genres, homme et femme."
Panama et Mars
Sans en préciser les modalités, le Président a répété son intention de "reprendre" le canal de Panama. Rappelant le concept de la Destinée Manifeste, chère aux Américains, il entend le poursuivre "dans les étoiles, en lançant des astronautes américains planter la bannière étoilée sur la planète Mars" – une fleur pour son ami et conseiller Elon Musk.
Le discours n'était pas terminé que le site officiel de la Maison-Blanche était mis à jour pour montrer un Donald Trump, pointant du doigt – au choix l'avenir ou les ennemis de l'Amérique – sous le slogan "Le retour de l'Amérique" et la promesse d'un "nouvel âge d'or de l'Amérique".
Pour rappel, les executive orders, ou décrets présidentiels, ne sont pas mentionnés dans la Constitution mais ont force de loi. Ils ne requièrent pas l'approbation du Congrès, qui ne peut pas les annuler directement. Les élus peuvent toutefois contrecarrer l'exécution d'un décret en restreignant les financements nécessaires ou par d'autres dispositions législatives.
L'un des décrets prévoirait de ne plus reconnaître la citoyenneté des enfants nés aux États-Unis d'immigrés sans statut légal. Mais comme la citoyenneté de naissance est garantie par le 14e amendement de la Constitution, le statut juridique de son décret serait sujet à caution. Toute modification de la Constitution nécessite un vote à la majorité absolue au Congrès, puis une ratification par les trois quarts des États.