Crash aérien à Washington : des experts belges avancent les théories autour des causes de l'accident "extrêmement rare"
Des experts ont répondu aux questions des journalistes de Het Laatste Niews et de De Morgen.
- Publié le 30-01-2025 à 16h14
- Mis à jour le 30-01-2025 à 16h27

La collision en plein vol entre un avion de ligne et un hélicoptère militaire près de l'aéroport Ronald Reagan à Washington D.C. continue de susciter de nombreuses interrogations. Si les enquêteurs n'excluent aucune hypothèse, plusieurs experts estiment qu'il s'agit d'un "accident extrêmement rare", résultant probablement d'un problème de communication ou d'une erreur humaine. Les médias Het Laatste Nieuws et De Morgen rapportent les derniers éléments d'analyse des spécialistes de l'aviation.
D'après Wouter Dewulf, professeur en transport et économie spatiale à l'Université d'Anvers, de telles collisions sont "quasi inexistantes". "Dans l'air, nous évoluons dans un espace tridimensionnel, contrairement aux trains qui n'ont que deux directions possibles. Vu l'immensité du ciel, un tel accident est extrêmement rare et survient généralement à proximité des aéroports", explique-t-il à De Morgen.
Causes mystérieuses
L'un des facteurs en cause pourrait être la coexistence de deux systèmes d'aviation distincts : l'aviation civile et l'aviation militaire. "Ces deux mondes ont leurs propres couloirs aériens et, en principe, ils n'interfèrent pas", précise Dewulf. "Toutefois, dans certaines zones comme les aéroports, ces systèmes convergent, ce qui impose une coordination rigoureuse assurée par la tour de contrôle."
Cette gestion conjointe pose des défis spécifiques. "La communication entre la tour et les pilotes repose principalement sur des échanges radio. Un problème technique ou un malentendu peut vite engendrer une situation critique", note l'expert en aviation, qui souligne néanmoins l'existence de nombreuses redondances comme des radios de secours ou des protocoles d'urgence.
Selon Kurt Verwilligen, expert en contrôle aérien cité par Het Laatste Nieuws, "une séparation stricte entre les appareils doit être maintenue". En Belgique, par exemple, la distance minimale entre deux aéronefs est de 5,5 kilomètres horizontalement et 300 mètres verticalement. "Aux États-Unis, le système repose davantage sur la responsabilité des pilotes. Ils doivent confirmer qu'ils voient l'autre appareil et assurer eux-mêmes la séparation, ce qui peut entraîner des marges d'erreur", explique-t-il.
L'hypothèse d'un complot est jugée peu crédible par Dewulf. "Pour qu'un acte intentionnel soit en cause, il faudrait que les pilotes aient agi de mauvaise foi, ce qui est extrêmement improbable", insiste-t-il dans De Morgen. "Il s'agit très probablement d'un enchaînement malheureux de circonstances."

