Qui est le sergent Jessica Foster, l'influenceuse américaine qui n'existe pas au million d'abonnés ?
Tout simplement un canular cynique aux motivations bassement commerciales qui trompe les fans de MAGA.

- Publié le 19-03-2026 à 18h40

Elle est blonde. Elle est (ultra-) patriote. Elle porte l'uniforme militaire – avec des minijupes. Elle fait des selfies avec Donald Trump et son entourage. Elle pose aux côtés des personnalités et dirigeants du monde entier – dont Lionel Messi et Vladimir Poutine.
Depuis la création de son profil sur Instagram, le 14 décembre dernier, Jessica Foster attire plus d'un million d'abonnés. Un succès phénoménal qui fait d'elle une influenceuse, très populaire auprès de la base MAGA ("Make America Great Again").
Jessica Foster a le don d'ubiquité – passant en quelques heures seulement du Bureau ovale au pont d'un destroyer dans le détroit d'Ormuz. Celle qui arbore un galon de "staff sergent", (soit un chef d'escouade) défie son rang protocolaire, à voir les nombreuses fonctions officielles qu'elle semble remplir.
Et pour cause : la "G.I. Jane" glamour n'existe pas. C'est un avatar, mâtiné d'intelligence artificielle (IA). Sous le canular se niche une bonne vieille et cynique tactique marketing. Jessica est un attrape-nigaud, dont les liens en bio et en story dirigent sur OnlyFans, une plateforme érotique : sur ses photos, Jessica aime particulièrement exhiber ses pieds nus, obscur objet du fétichisme masculin.
On peut y acheter pour 100 dollars (environ 86 €) des images de son corps, particulièrement de ses pieds. À lire les commentaires qui accompagnent ses publications, de nombreux internautes semblent ignorer qu'ils regardent du contenu généré par IA.
Version 3.0 de la pin-up qui faisait fantasmer les G.I.'s naguère, Jessica Foster soulève des questions sur la transparence et l'éthique de ces pratiques commerciales sur les réseaux sociaux, singulièrement sur ceux de Meta, la maison-mère d'Instagram, dont l'agence de presse Reuters affirme qu'elle monétise en connaissance de cause des contenus trompeurs.
OnlyFans pousse le cynisme un cran plus loin en mêlant aux fantasmes masculins une dose de propagande politique. Jessica Foster est un pur produit des États-Unis de Donald Trump.
