Le renseignement américain en danger ? L'ancien directeur du FBI et de la CIA s'inquiète : "Un précédent dangereux"
William Webster, ancien directeur du FBI et de la CIA, est sceptique quant aux choix des deux nouveaux leaders du renseignement américain, choisis par Donald Trump.

- Publié le 27-12-2024 à 15h16
- Mis à jour le 27-12-2024 à 16h44

William Webster est le seul homme à avoir occupé le poste de directeur du FBI (nommé sous Jimmy Carter en 1978, NdlR) mais également de la CIA (nommé en 1987 par Ronald Reagan, NdlR). Et ce dernier est plus que sceptique concernant les choix de Donald Trump pour la future direction du Bureau fédéral d'investigation (Kash Patel) et du renseignement national (Tulsi Gabbard). Ce jeudi 26 décembre, il s'est adressé aux sénateurs pour exprimer ses craintes. En effet, selon lui, aucun des deux candidats ne possède les capacités nécessaires pour répondre aux exigences de ces postes.
Webster inquiet de l'allégeance de Kash Patel envers Donald Trump
Fort de son expérience grâce à ses anciennes fonctions mais aussi à sa longévité (William Webster a fêté ses 100 ans en mars dernier, NldR), Webster s'inquiète de l'allégeance de Kash Patel envers Donald Trump. "Bien que l'intelligence et le patriotisme de M. Patel soient louables, son alignement politique étroit avec le président Trump soulève de sérieuses inquiétudes quant à son impartialité et son intégrité. Son bilan en matière d'exécution des directives du président suggère une loyauté envers les individus plutôt qu'envers l'État de droit – un précédent dangereux pour une agence chargée de l'application impartiale de la justice", a-t-il déclaré. Des craintes justifiées puisque le nouveau directeur du FBI a déjà promis de poursuivre les adversaires politiques du nouveau Président. Patel est également connu pour être un adepte des théories du complot. Il avait déjà déclaré vouloir fermer le siège du FBI à Washington pour le remplacer par un musée de "l'État profond".
Un manque de leadership pour Tulsi Gabbard
Pour Tulsi Gabbard, c'est son manque d'expérience dans le domaine qui soulève certaines craintes. "Le manque profond d'expérience de Gabbard en matière de renseignement et la tâche ardue de superviser 18 agences de renseignement disparates soulignent encore davantage la nécessité d'un leadership expérimenté. Une gestion efficace de notre communauté du renseignement exige une expertise sans pareille pour faire face aux complexités des menaces mondiales et pour maintenir la confiance des nations alliées. Sans cette confiance, notre capacité à protéger des secrets sensibles et à collaborer à l'échelle internationale est gravement réduite", précise Webster. Il s'inquiète également de l'indépendance de l'ancienne démocrate devenue républicaine, car celle-ci a déjà ouvertement émis des déclarations pro-Poutine et affiche une sympathie pour Bachar al-Assad.
Autant d'éléments qui laissent perplexe cet expert des renseignements américains quant à la nécessité de préserver "l'indépendance, l'intégrité et l'expérience" de ces agences gouvernementales. "Je vous exhorte à prendre en compte l'importance cruciale d'un leadership impartial et de l'expérience. La sécurité du peuple américain – et de vos propres familles – en dépend", a-t-il ainsi déclaré aux sénateurs.
