Le novice en politique Pedro Castillo, un instituteur représentant la gauche radicale, et l’expérimentée candidate de la droite populiste, Keiko Fujimori (fille de l’ancien président Alberto Fujimori), s’affronteront pour le second tour de la présidentielle au Pérou, prévu le 6 juin. Pedro Castillo, qui a créé la surprise en se hissant en tête du premier tour, le dimanche 11 avril, est un instituteur de 51 ans, sorti de l’anonymat en 2017 à la faveur d’un vaste mouvement de grève des enseignants dont il avait pris la tête.

Originaire de la province de Cajmarca dont il arbore le chapeau blanc traditionnel, M. Castillo était candidat pour le petit parti de la gauche radicale Peru Libre. Il est né à Puña, un village de cette province où il a vécu et travaillé comme enseignant dans une école rurale pendant 24 ans. Son sens de la pédagogie a fait mouche pendant les débats électoraux à la télévision, où il s’est fait remarquer par ses réponses claires et concises.

En 2017, il avait entraîné des milliers d’enseignants du secteur public dans un mouvement de grève national qui avait duré près de 80 jours, pour réclamer notamment des hausses de salaire, finalement obtenues.

Pendant la campagne, il a promis des changements radicaux, "pas des rustines ou des réformes" comme le proposaient, selon lui, les trois autres candidats de gauche.

Peru Libre est l’un des rares partis péruviens de gauche qui défend le régime du président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro. Son programme s’appuie sur trois piliers : la santé, l’éducation et l’agriculture, qu’il compte renforcer pour stimuler le développement du pays.

M. Castillo est également en faveur d’une reprise du contrôle par l’État des richesses énergétiques et minérales du pays.

Parmi ses promesses de campagne les plus controversées, M. Castillo s’est engagé à expulser les étrangers qui commettent des crimes au Pérou, un avertissement à peine voilé aux migrants vénézuéliens illégaux arrivés par centaines de milliers depuis 2017. Il a promis de donner "72 heures pour quitter le pays aux étrangers illégaux qui viennent commettre des crimes".

Il souhaite également réintroduire la peine de mort.