Accusant les Etats-Unis d'"étrangler" son économie, l'Iran a entamé une bataille judiciaire devant la CIJ en juillet 2018 après la réimposition par Donald Trump de sanctions unilatérales sévères contre Téhéran, jusque-là suspendues en vertu de l'accord international sur le nucléaire iranien.

Le président américain a retiré en mai de la même année son pays de cet accord signé par la République islamique et les grandes puissances en 2015, dans lequel l'Iran s'engage à ne jamais chercher à se doter de l'arme atomique.

Plus haute instance judiciaire de l'ONU, la CIJ a imposé un premier revers aux Etats-Unis en octobre 2018, en leur ordonnant de suspendre certaines sanctions contre l'Iran visant des biens "à des fins humanitaires".

Washington a aussitôt contre-attaqué en mettant fin à un traité d'amitié datant de 1955 entre les deux pays, invoqué par la Cour basée à La Haye pour justifier sa décision.

L'Iran avait demandé à la CIJ de stopper temporairement les sanctions en attendant que les juges se prononcent sur le fond de l'affaire, ce qui pourrait prendre des années.

La Cour va désormais examiner si elle a compétence pour statuer sur l'affaire, ce que conteste fermement Washington.

Les audiences, réparties sur une semaine, débutent lundi à 15H00 (13H00 GMT) par visioconférence avec le premier tour de plaidoirie des Etats-Unis. Les représentants de l'Iran auront ensuite la parole mercredi.

La décision des juges sur cette question sera rendue à une date ultérieure.

Source de tensions 

Les tensions entre Téhéran et Washington, qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980, se sont fortement aggravées depuis le rétablissement des sanctions, qui a selon l'Iran des "conséquences dramatiques" sur son économie.

Celles-ci incluent des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale.

L'administration Trump estime que cette politique est nécessaire afin de protéger la sécurité internationale et d'"intensifier la pression" sur le régime iranien afin qu'il "change de comportement", notamment en ce qui concerne son programme balistique.

Le gouvernement américain espère également faire plier la République islamique et l'amener à négocier un "meilleur accord".

Téhéran a de son côté argué que le rétablissement des sanctions "viole de nombreuses dispositions" du traité américano-iranien de 1955, depuis dissous par Washington, qui avance que l'Iran ne s'est pas montré "de bonne foi" en invoquant le texte devant la CIJ.

Créée après la Seconde Guerre mondiale, la Cour se prononce sur les différends entre Etats mais ne dispose pas de moyens contraignants pour faire appliquer ses décisions.

L'Iran et les Etats-Unis ont tous deux déjà ignoré des avis de la juridiction dans le passé.

Dans une affaire distincte, la CIJ a jugé en février 2019 recevable la demande de l'Iran en vue de récupérer près de deux milliards de dollars d'avoirs gelés aux Etats-Unis, qui souhaitent que ces fonds aillent aux victimes d'attaques attribuées à Téhéran.