Salve de missiles sur la péninsule coréenne
Séoul a fustigé la provocation de Pyongyang comme une "invasion territoriale de fait".
- Publié le 03-11-2022 à 12h34
- Mis à jour le 03-11-2022 à 12h38
Au moins 23 tirs de missiles nord-coréens vers le sud, dont un qui s'est abattu dans les eaux de la zone économique exclusive de la Corée du Sud : la frappe de ce mercredi était la première depuis la division des deux Corée en 1953 à tomber si près des eaux territoriales de Séoul. Pyongyang a renchéri en procédant à une centaine de tirs d'artillerie dans la zone tampon entre les deux pays.
La manœuvre irrite. Séoul dénonce ainsi "une invasion territoriale de fait", alors que les États-Unis condamnent la "dangereuse décision" d'envoyer ce missile si proche du Sud et que le Conseil européen, par la voix de son président, Charles Michel, se dit "outré" par un "comportement agressif et irresponsable". Même la Russie, qui joue de son chantage nucléaire dans le cadre de son invasion de l'Ukraine, appelle "tout le monde à garder son calme".
"Décomplexé par la guerre en Ukraine"
Pourtant, "il n'y a rien de nouveau" en soi, explique Juliette Morillot, spécialiste de la péninsule coréenne, qui rappelle à La Libre la pratique récurrente du régime de Pyongyang pour "rouler des muscles" (lire l'entretien complet sur lalibre.be).
Ces dernières semaines ont ainsi été marquées par de nombreuses provocations, dont le survol du Japon par un missile balistique le 4 octobre, ou encore des coups de semonce le long de la frontière maritime le 24 octobre. On reste néanmoins loin des tensions de 2010. En mars, un sous-marin nord-coréen avait torpillé une corvette sud-coréenne, tuant 46 marins. Huit mois plus tard, le Nord avait bombardé une île frontalière sud-coréenne, causant la mort de quatre personnes, deux civils et deux militaires.
Le tir de ce mercredi intervient aussi comme une réponse aux exercices militaires conjoints entre Corée du Sud et États-Unis, "Tempête vigilante". Pyongyang chercherait donc à "montrer qu'elle a perfectionné son armement développé durant la parenthèse Covid", poursuit Juliette Morillot.
Cependant, un autre paramètre entre en jeu : "L'atmosphère générale de tensions dans le monde, précise la spécialiste. Je pense aussi que, psychologiquement, Kim Jong-un est décomplexé" par la guerre en Ukraine. Malgré cela, "il n'ira pas plus loin, conclut-elle. La Corée du Nord ne vise rien d'autre que sa propre survie."