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"On tire ici chaque jour, surtout la nuit": en Arménie, la paix sous la menace des canons

Ce furent deux jours d'enfer, en septembre dernier. Subitement, l'armée azerbaïdjanaise entrait sur 140 km2 en Arménie. Reportage le long de la nouvelle ligne de front. Pourquoi l'Azerbaïdjan a-t-il fait tonner le canon alors que des pourparlers de paix sont en cours ?

Christophe Lamfalussy, envoyé spécial en Arménie
ARMENIE SOKT UNE VIE FRONTALIERE AVEC L'AZERBAIDJAN
©OLIVIER PAPEGNIES

Le petit verre de vodka à la main, Gesik a levé le coude sept fois. Il est ce soir, dans la tradition caucasienne et arménienne, le tamada, celui qui porte les toasts. Il boit "à vous qui êtes venus ici", "aux soldats tués pendant la guerre", "aux peuples qui réclament l'indépendance", "au respect des principes universels". Le garde champêtre termine par un toast "à la paix".

Goris, ville frontalière du Haut-Karabakh, l'enclave arménienne en Azerbaïdjan, est plongée ce soir dans le silence. Le trafic routier est réduit. Dans le restaurant, seuls quelques convives locaux et des observateurs de l'Union européenne finissent leur repas. Dehors, les premières neiges couvrent les cimes des montagnes.

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