Attentats au Daguestan : l'EI et l'Occident sont pointés du doigt par Moscou

Les deux attaques visaient des églises orthodoxes et des synagogues.

This grab taken from a handout footage released by the administration of the head of Russia's Dagestan Republic on June 24, 2024, shows a burned out synagogue, which was attacked by gunmen a day before, in Derbent. Attacks on churches and synagogues in Russia's Dagestan region killed 15 police officers and four civilians, officials said on June 24, 2024, stoking fears over Islamist violence in the historically restive North Caucasus. The attacks come just three months after Islamic State (IS) group fighters killed more than 140 in a Moscow concert hall, the deadliest attack on Russia for almost 20 years. (Photo by Handout / administration of the head of Russia's Dagestan Republic / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / administration of the head of Russia's Dagestan Republic" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS

Il y a trois mois, pratiquement jour pour jour, un attentat terroriste faisait 145 morts dans le Krokus City Hall de Moscou. Revendiquée par l'État islamique au Khorasan, branche afghane de l'organisation, l'attaque rappelait brutalement aux Russes que la menace islamiste demeurait présente chez eux, malgré les tentatives répétées du Kremlin d'attribuer cet attentat aux services de renseignements ukrainiens et occidentaux.

Dimanche soir en fut probablement une nouvelle illustration. Vers 18h, deux fusillades simultanées et vraisemblablement coordonnées ont éclaté dans les villes de Derbent et Makhatchkala, dans le Daguestan russe, frontalier de la Géorgie et de l'Azerbaïdjan. La première a ciblé une église orthodoxe puis une synagogue, la seconde une église et un barrage policier situé non loin. Bilan des opérations : au moins quinze agents des forces de l'ordre et quatre civils tués, dont un prêtre orthodoxe de 66 ans.

Des individus armés ont, en outre, ouvert le feu contre un véhicule transportant des policiers, blessant l'un d'eux, à Sergokala, village situé entre Makhatchkala et Derbent, selon le ministère de l'Intérieur local. Sans que les autorités précisent si ces individus étaient les mêmes que ceux ayant mené les attaques de Makhatchkala et Derbent.

Cinq assaillants "liquidés"

Personne n'avait revendiqué l'attentat ce lundi soir, mais il est probable qu'il soit le fait de la branche de l'État islamique dans le Caucase du Nord, Wilayat Kavkaz. Cinq des assaillants ont été "liquidés" selon le Comité antiterroriste russe. Aucune information ne circule sur d'éventuelles arrestations par la police, mais il semblerait que leur identité ait été établie et que plusieurs des terroristes soient directement originaires du Daguestan.

La région russe à majorité musulmane, voisine de la Tchétchénie, fut le théâtre d'affrontements armés à répétition avec des djihadistes dans les années 2000, comme une grande partie du Caucase, d'où provenaient les auteurs des attentats de Moscou.

Attentat à Moscou : pourquoi la Russie est devenue une cible du terrorisme islamiste ?

"La guerre chez nous"

Lundi matin, après plusieurs heures d'affrontements, le Comité antiterroriste russe (NAK) a fini par déclarer que l'opération antiterroriste était "terminée" en "raison de la neutralisation de menaces à la vie et la santé des citoyens". Le dirigeant du Daguestan, Sergueï Melikov, s'est ensuite rendu dans la synagogue de Derbent. Dans une vidéo publiée par ses services sur les réseaux sociaux, on le voit déambuler à l'intérieur de l'édifice dont le sol est encore couvert de traces de sang. "Nous savons qui est derrière ces attaques terroristes et quel objectif ils poursuivent", a-t-il déclaré sur Telegram. "La guerre arrive dans nos maisons aussi. Nous le sentions, mais aujourd'hui nous l'affrontons", a-t-il ajouté, semblant vouloir établir un lien avec l'Ukraine.

Les autorités russes avaient déjà accusé Kiev d'être liée à l'attentat de Moscou avant de reconnaître la responsabilité partielle de l'État islamique.

En octobre dernier, des émeutes hostiles à Israël avaient déjà éclaté dans l'aéroport de Makhatchkala. Une foule d'hommes avait envahi son tarmac au moment de l'atterrissage d'un avion en provenance d'Israël, en pleines tensions liées au conflit entre Israël et le Hamas. La semaine passée, plusieurs membres de l'EI avaient également été tués après avoir pris deux agents pénitentiaires en otage dans une prison de Rostov-sur-le-Don.

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