En Turquie, la rue maintient la pression malgré la répression

Un journaliste suédois a été arrêté. Il est accusé d'"insulte au président" et de "terrorisme".

Supporters chant slogans while waving Turkish and CHP party flags during a rally protesting the arrest of Istanbul Mayor Ekrem Imamoglu in Istanbul, Turkey, Saturday, March 29, 2025. (AP Photo/Francisco Seco)
En Turquie, la rue maintient la pression malgré la répression. ©Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved.

Plusieurs centaines de milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées samedi à Istanbul, à l'appel du CHP, le parti d'opposition du maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, pour dénoncer l'arrestation de l'édile, alors que la répression continue de s'abattre sur les protestataires. Les autorités turques font appel à tous les moyens technologiques disponibles pour endiguer la contestation qui secoue le pays, des restrictions d'accès au web à l'utilisation d'outils de reconnaissance faciale pour identifier les manifestants. Près de 2000 personnes ont ainsi été arrêtées depuis le 19 mars.

Dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde et publié samedi, Özgür Özel, devenu le porte-voix de l'opposition, a annoncé la tenue de rassemblements réguliers à venir, tous les mercredis à Istanbul, les samedis dans une ville différente. "Si nous ne repoussons pas cette tentative de coup d'État, il en sera fini des urnes", prévient-il.

Manifestations en Turquie : la BBC dénonce l'expulsion d'un de ses journalistes

Les journalistes étrangers également ciblés

Le succès de la mobilisation de ce week-end, à la veille de l'Aïd el Fitr célébré dimanche pour marquer la fin du ramadan, avait valeur de test pour l'opposition. Depuis sa cellule, Ekrem Imamoglu a d'ailleurs appelé à l'unité, à l'occasion de l'Aïd.

Vendredi soir, le journaliste suédois Joakim Medin, interpellé la veille à sa descente d'avion, a été placé en détention à Istanbul. Il est accusé de "terrorisme" et "d'insulte au président" Recep Tayyip Erdogan, ont indiqué dimanche les autorités turques.

Celles-ci ont affirmé que Joakim Medin aurait participé à une manifestation du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) à Stockholm lors de laquelle une marionnette figurant le chef de l'État turc aurait été moquée. Il est également accusé d'avoir "fourni des contacts entre l'organisation terroriste PKK/KCK et la presse".

"Ce mandat d'arrêt n'a rien à voir avec des activités journalistiques", a assuré le gouvernement, alors qu'un reporter de la BBC a été expulsé et au moins une dizaine de journalistes turcs arrêtés pour avoir couvert la contestation

Des accusations qualifiées d'"absurdes" par Andreas Gustavsson, le rédacteur en chef de Dagens ETC, le journal suédois qui emploie Joakim Medin. "Il est journaliste, rien de plus. Et exercer le journalisme ne devrait pas être un crime. Les faits ne sont pas une insulte", a-t-il affirmé dans un message écrit. D'importants efforts sont déployés pour qu'il soit libéré et puisse rentrer chez lui, a ajouté M. Gustavsson.

Vendredi, la ministre des Affaires étrangères Maria Malmer Stenegard a confirmé qu'elle avait été informée de l'arrestation du journaliste et qu'elle prenait la situation "très au sérieux". La libération de Joakim Medin est une "priorité absolue" du gouvernement suédois, a-t-elle ajouté ce dimanche.

Un journaliste suédois arrêté pour "terrorisme" en Turquie

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