Corée du Sud: l'ex-président Yoon inculpé pour "abus de pouvoir"
Le parquet sud-coréen a annoncé jeudi avoir inculpé l'ex-président Yoon Suk Yeol pour "abus de pouvoir" après sa tentative de mise en place de la loi martiale en décembre.

- Publié le 01-05-2025 à 08h30

Des "investigations complémentaires pour abus de pouvoir ont conduit à cette inculpation supplémentaire" après celle pour "rébellion" signifiée en janvier, a précisé le ministère public, qui n'a pas requis de placement en détention de l'ex-chef d'État destitué début avril.
Dans la nuit du 3 au 4 décembre dernier, M. Yoon a tenté d'imposer par surprise la loi martiale, envoyant l'armée bloquer le Parlement dominé par l'opposition. Mais un nombre suffisant de députés sont parvenus à se réunir afin de faire échouer ce coup de force.
Destitué par la Cour constitutionnelle le 4 avril, M. Yoon doit désormais s'expliquer au pénal. Malgré les très lourdes peines encourues, il comparaît libre, sa détention provisoire ayant été annulée pour vice de procédure le 8 mars.
Mercredi, le parquet a perquisitionné le domicile séoulite de l'ex-président sud-coréen dans le cadre d'une autre enquête concernant un chaman accusé d'avoir reçu des cadeaux de luxe à transmettre à l'ancienne première dame Kim Keon-hee, selon l'agence Yonhap.
Le chaman en question, Jeon Seong-bae, aurait reçu un collier en diamant, un sac de luxe et du ginseng.
La police avait également perquisitionné mi-avril dans l'ancien bureau présidentiel de Yoon Suk Yeol, dans le cadre d'une enquête portant sur une "obstruction présumée à l'exécution d'un mandat d'arrêt".
S'il est reconnu coupable, M. Yoon deviendra le troisième ancien président de Corée du Sud à être condamné, après Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo en 1996 pour "insurrection" après un coup d'Etat perpétré en 1979.
La Corée du Sud va organiser une élection présidentielle anticipée le 3 juin.
