Le Cambodge extrade vers la Chine un magnat soupçonné d'être au cœur d'un vaste réseau d'escroqueries en ligne
Accusé de diriger un vaste réseau, un Chinois a été arrêté et extradé.

- Publié le 08-01-2026 à 20h03

Le gouvernement cambodgien a annoncé mercredi avoir arrêté et extradé vers la Chine un homme d'affaires de premier plan, soupçonné d'être à la tête d'un vaste réseau d'escroqueries en ligne.
Chen Zhi, 38 ans, président du groupe cambodgien Prince Holding, est dans le collimateur des justices américaine et britannique, qui l'accusent d'être à la tête d'un réseau transnational qui a escroqué en ligne des victimes dans le monde entier et exploite des travailleurs victimes de traite. L'intéressé et son groupe nient toute malversation.
Les autorités américaines ont saisi près de 14 milliards de dollars en cryptomonnaies liés aux activités de Chen, et l'ont inculpé de cyberfraude et de blanchiment d'argent. Les procureurs américains accusent son organisation d'avoir escroqué au moins 250 Américains de plusieurs millions de dollars. Selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, les victimes d'escroqueries dans le monde entier – Europe et Belgique inclues – ont perdu entre 18 et 37 milliards de dollars en 2023. Les profits de la cybercriminalité représenteraient la moitié du PIB du Cambodge.
Pressions internationales
Les centres d'escroquerie en ligne se sont multipliés en Asie du Sud-Est, notamment le long de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Les deux royaumes voisins viennent de s'affronter pendant vingt jours, sur fond d'un vieux litige territorial. La Thaïlande a précisé qu'un de ses objectifs de guerre était de circonscrire les "usines à cyberfraudes" qui prolifèrent côté cambodgien.
Selon une enquête d'Amnesty International, les gangs de cybercriminalités chinois bénéficient de complicités au sommet de l'État cambodgien. Jacob Daniel Sims, un expert qui fait autorité dans le domaine, avance que l'extradition de Chen serait le fruit de pressions exercées par Pékin sur Phnom Penh, afin d'éviter que ce dossier sensible ne soit jugé devant des tribunaux américains et britanniques.
