Les militaires y ont arrêté lundi la cheffe de facto du gouvernement, Aung San Suu Kyi, et le président Win Myint. "Je condamne fermement le coup d'Etat en Birmanie, et appelle les militaires à libérer tous ceux qui ont été arrêtés illégalement dans des raids à travers le pays", a écrit Charles Michel, dans un message posté en anglais sur son compte officiel. "Le résultat des élections doit être respecté et il faut restaurer un processus démocratique."


La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès, autre ancienne occupante du 16, rue de la Loi, évoque quant à elle un "coup d'État qui vise à saper la démocratie". La Belgique est "inquiète", indique-t-elle, plaçant une potentielle réponse dans le cadre européen: "Nous considérerons les suites à donner à ces actions avec nos partenaires européens".


Nations unies

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, condamne "fermement" l'arrestation par l'armée d'Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants politiques. Avec "la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires", "ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques en Birmanie".

Chine

Pékin appelle les acteurs politiques birmans à "régler leurs différends dans le cadre de la Constitution et des lois afin de maintenir la stabilité politique et sociale", selon Wang Wenbin, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Etats-Unis

"Les Etats-Unis s'opposent à toute tentative de modification des résultats des récentes élections ou d'entrave à une transition démocratique en Birmanie et vont agir contre les responsables si ces mesures (les arrestations, ndlr) ne sont pas abandonnées", selon un communiqué de la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, appelle l'armée "à libérer tous les responsables du gouvernement ainsi que les dirigeants de la société civile et à respecter la volonté du peuple de Birmanie telle qu'exprimée lors des élections démocratiques du 8 novembre".

Russie

"Nous suivons très attentivement et nous analysons la situation en Birmanie", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, il "est très tôt pour en donner une évaluation".

France

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dénonce "une remise en cause inacceptable du processus démocratique" et réclame la "libération immédiate et sans condition" de Aung San Suu Kyi et de tous les responsables politiques arrêtés, appelant "au strict respect des résultats des élections".


Selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, Paris "discute avec ses partenaires dans le cadre des instances internationales et notamment l'Organisation des Nations unies".

Allemagne

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas "condamne fermement" le coup d'Etat et les arrestations, demandant "aux militaires de libérer immédiatement les membres du gouvernement et du Parlement arrêtés" et de reconnaître le résultat des élections.

Italie

L'Italie "condamne fermement la vague d'arrestations" et demande "la libération immédiate" de tous les responsables arrêtés, selon le ministère des Affaires étrangères. "Nous sommes inquiets de cette interruption brutale du processus de transition démocratique" et l'issue des élections "doit être respectée".

Espagne

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez "condamne le coup d'Etat" et demande "la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées et le rétablissement du processus démocratique", ajoutant: "la Constitution et les résultats électoraux doivent être respectés".

Grèce

Le ministère des Affaires étrangères exprime "sa grande inquiétude" et demande "la libération immédiate d'Aung San Suu Kyi et des autres responsables politiques arrêtés, ainsi que le respect de la volonté démocratique du peuple".

République tchèque

Le chef de la diplomatie tchèque Tomas Petricek tweete que son pays "condamne" le coup d'Etat, "soutient les dirigeants légitimes" birmans et "appelle à leur libération immédiate" en réclament "le respect des résultats des élections".

Finlande

Citant une situation "extrêmement inquiétante", le chef de la diplomatie finlandaise Pekka Haavisto déclare au journal Helsingin Sanomat qu'"il est clair que les problèmes du pays ne seront pas réglés par un coup d'Etat militaire" et réclame "la libération des responsables politiques arrêtés dans leurs bureaux".

Suède

La ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde "condamne" sur Twitter le coup d'Etat, appelle l'armée à "respecter l'Etat de droit" ainsi que le résultat des élections et réclame la libération "immédiatement et sans conditions" de tous les dirigeants civils arrêtés.

Danemark

Le ministre des Affaires étrangères Jeppe Kofod "condamne fermement" le coup d'Etat, demande "à toutes les parties de respecter les résultats des élections démocratiques" et réclame la libération de "tous les dirigeants civils et responsables gouvernementaux", ajoutant sur Twitter: "l'armée sous contrôle civil est un principe démocratique clef".

Norvège

"Nous condamnons les développements d'aujourd'hui en Birmanie", tweete la ministre norvégienne des Affaires étrangères, Ine Eriksen Søreide. "Nous demandons aux dirigeants militaires d'adhérer aux normes démocratiques et de respecter le résultat des élections. Les responsables politiques démocratiquement élus doivent être libérés".

Suisse

Le chef de la diplomatie suisse Ignazio Cassis, dont le pays avait aidé en juin à la signature d'un code de conduite par les partis birmans pour des élections pacifiques et une campagne équitable, se dit "gravement inquiet" et appelle "à une reprise immédiate du dialogue et la remise en liberté des personnes arrêtées".

Royaume-Uni

Le Premier ministre britannique Boris Johnson condamne le coup d'État et réclame la libération des "dirigeants civils arrêtés" dont Aung San Suu Kyi, ajoutant sur Twitter: "le vote de la population doit être respecté".


Turquie

Le gouvernement turc, lui-même cible d'une tentative de putsch en 2016, "condamne fermement la prise de pouvoir par l'armée birmane" et souhaite "la libération immédiate des dirigeants élus, des responsables politiques et des civils arrêtés", selon le ministère des Affaires étrangères. Il espère que ce développement "ne va pas faire empirer la situation des Rohingyas musulmans vivant dans de dures conditions en Birmanie".

Canada

L'armée birmane "a rédigé la Constitution de cette manière pour qu'ils puissent le faire", tweete Bob Rae, l'ambassadeur du Canada auprès des Nations unies. "La Constitution de 2008 a été spécifiquement conçue pour garantir que le pouvoir militaire soit profondément ancré et protégé".

Bangladesh

"En tant que voisin immédiat et amical, nous aimerions voir la paix et la stabilité en Birmanie", assure le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, pays qui accueille des centaines de milliers de réfugiés rohingyas venus de Birmanie, "nous espérons que le processus démocratique et les dispositions constitutionnelles seront maintenus en Birmanie".

Inde

"L'Etat de droit et le processus démocratique doivent être respectés", selon le ministère des Affaires étrangères qui fait part de sa "profonde inquiétude".

Japon

Le ministère des Affaires étrangères demande la libération d'Aung San Suu Kyi et exhorte "l'armée nationale à rétablir rapidement le système politique démocratique".

Australie

"Nous appelons l'armée à respecter l'État de droit, à résoudre les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants (politiques) issus de la société civile et les autres personnes détenues illégalement", déclare la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne.

Singapour

Le ministère des Affaires étrangères exprime sa "sérieuse inquiétude", espérant que toutes les parties feront "preuve de retenue".