Gérald Darmanin à l'Intérieur, la promotion qui suscite toujours l'indignation
Sa nomination n'en finit pas d'alimenter la chronique en France. Accusé de viol, 'ancienne étoile montante de la droite déplore une chasse à l'homme.
- Publié le 20-07-2020 à 09h18
- Mis à jour le 20-07-2020 à 09h19

C'était couru d'avance. La nomination, le 6 juillet, par le président français Emmanuel Macron, de Gérald Darmanin (LREM) comme ministre de l'Intérieur allait susciter la polémique. Deux semaines plus tard, le malaise plane toujours.
Gérald Darmanin, 37 ans, était l'étoile montante de la droite, de l'UMP, aujourd'hui LR. Élu député du Nord en 2012 puis maire de Tourcoing en 2014, il dirige la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2017. Un pari raté. Mais le jeune loup rebondit. Il rend sa carte du parti et saisit la main tendue du président Macron. Le voilà ministre de l'Action et des Comptes publics ; trois ans plus tard, il est propulsé à l'Intérieur. Une promotion qui provoque l'indignation de l'opposition et des manifestations féministes parce qu'entre-temps, une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance est remontée à la surface.
Sophie Patterson-Spatz dépose plainte en 2017 pour des faits datant de 2009. Elle se serait sentie contrainte d'accepter une relation sexuelle après avoir demandé à Gérald Darmanin, alors chargé de mission aux affaires juridiques de l'UMP, d'intervenir dans un dossier judiciaire. Des accusations que réfute le ministre. Il confirme avoir eu un rapport avec la plaignante mais qui était, selon lui, librement consenti. La plainte est classée deux fois sans suite puis se conclut sur un non-lieu, avant que la cour d'appel de Paris n'ordonne, le 9 juin dernier, la reprise de l'enquête.
Face à la crainte d'un conflit d'intérêts, le nouveau premier flic de France assure avoir demandé à son administration de ne pas être informé sur les affaires le visant. Il rappelle aussi le droit à la présomption d'innocence et reçoit le soutien du président et de la majorité.
"Je fais l'objet d'une calomnie", a lancé Gérald Darmanin, sur Europe 1. Il dénonce "une chasse à l'homme" et une volonté de l'opposition "d'affaiblir le gouvernement". La veille, Rachida Dati, élue de son ancien camp, s'était fendue d'une tribune assassine au Monde.