Covid-19: ce vaccin que la Commission européenne espère… et appréhende
Une conférence de presse sur la stratégie de vaccination de l'Union européenne se tenait ce jeudi 15 octobre.
- Publié le 15-10-2020 à 19h54
- Mis à jour le 02-11-2020 à 10h01

"Un accès à des vaccins Covid-19 sûrs, efficaces et de haute qualité pour les citoyens de l'UE", promet depuis le début de la crise sanitaire la Commission européenne, qui communiquait plus en détail, ce jeudi, sur sa stratégie en la matière. Une stratégie qui implique que les États membres soient "proactifs et préparés", ont plaidé Margaritis Schinas, vice-président de la Commission, et Stella Kyriades, commissaire européenne à la Santé, laquelle a reconnu que si "le vaccin ne sera pas une solution miracle", "il jouera un rôle crucial pour sauver des vies et endiguer la pandémie".
L'occasion, aussi, de préciser que la Commission ne dérogera pas aux "hauts standards de sécurité" de l'Union en matière de vaccination, a martelé Margiritis Schinas, qui a insisté sur l'importance pour la Commission de travailler dans la transparence.
Le message se veut rassurant alors que la situation sanitaire s'aggrave en Europe et que les mauvaises nouvelles s'accumulent : en début de semaine, le laboratoire Johnson&Johnson, avec qui l'UE a conclu un accord portant sur quelque 200 millions de doses, a dû suspendre son essai clinique alors en phase III - la plus délicate -, l'un des participants étant tombé malade de manière inexpliquée.
Pas de quoi désarçonner la Commission, qui a justement veillé à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, celle-ci ayant conclu des accords avec d'autres firmes (en l'occurrence Astra Zeneca et Sanofi-GSK) et demeurant en discussion avec CureVac, Moderna and BioNTech/Pfizer.
Se tenir prêt dès la fin 2020
Au contraire, la Commission a enjoint aux États membres de se préparer sans tarder à l'arrivée éventuelle d'un vaccin, tant sur le plan matériel que sur celui de la communication, comme elle l'indique dans un document à l'adresse du Parlement et du Conseil européen : "Les infrastructures et les activités de communication nécessaires devraient être planifiées dès maintenant et être prêtes à être déployées fin 2020." Autant dire que les États sont invités à se préparer à vacciner massivement et de façon coordonnée les groupes les plus à risques, parmi lesquels la Commission identifie, entre autres, les personnes à la santé fragile, les travailleurs du secteur de la santé et les plus de 60 ans. Une préparation jugée "cruciale", au point que "les États membres devraient déjà envisager de nouveaux recrutements et formations, impliquant potentiellement des étudiants ou du personnel retraité", apprend-on dans le même document.
Du côté des infrastructures, les États membres sont invités à "tenir compte du fait que les vaccins auront différentes caractéristiques, exigences de stockage et de transport". Il faudra alors revoir certaines dispositions concernant la chaîne du froid ou les capacités de stockage.
La confiance, une donnée clé
Enfin, une autre donnée inquiète particulièrement la Commission : il s'agit de "la désinformation autour d'un éventuel vaccin Covid-19", qui "rendra probablement le déploiement et l'adoption des vaccins plus difficiles".
Ce qui explique qu'elle demande aux États de s'atteler dès maintenant à soigner leur communication : "Le manque de confiance dans le passé récent a conduit à une utilisation insuffisante, par exemple, de vaccins clés pour l'enfance et, par conséquent, des flambées de maladies évitables par la vaccination, comme la rougeole, se sont produites", explicite la Commission, qui estime qu'il est donc "déjà important de commencer à renforcer la confiance du public dans les vaccins".