Viktor Orban estime que le rapprochement de l'Ukraine à l'Europe "aura un impact désastreux en particulier dans le secteur agricole"
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a réitéré mardi, à deux jours d'un sommet extraordinaire à Bruxelles, son refus d'une aide pour l'Ukraine sur quatre ans, estimant qu'au-delà du conflit, l'Ukraine posait un "défi important" pour l'Europe.

- Publié le 30-01-2024 à 14h41

Devant la colère des agriculteurs en Europe, notamment face aux importations ukrainiennes, le dirigeant nationaliste estime que "cette histoire montre à quel point l'Ukraine est un problème grave pour l'Europe, indépendamment de la guerre".
"Nous devons être très prudents car l'Ukraine est un pays immense". Et son rapprochement, voire son adhésion à l'UE, "aura un énorme impact, désastreux sur les économies européennes, en particulier dans le secteur agricole", a-t-il dit dans un entretien avec l'hebdomadaire Le Point.
Leur production est "bien meilleur marché que celle des paysans français et hongrois, et ce n'est pas soutenable. Nous ne pouvons pas rivaliser", ajoute le dirigeant nationaliste, appelant la Commission européenne à "défendre les intérêts européens contre les Ukrainiens, et non l'inverse".
Sur ce dossier ukrainien, il a insisté sur la "solitude" de la Hongrie au sein de l'UE, alors que les 26 autres Etats membres "pensent toujours qu'il existe une solution militaire".
Après le veto de décembre au versement de 50 milliards d'euros à Kiev sur quatre ans, Budapest a fait samedi "une offre de compromis", rappelle-t-il, plaidant pour une "décision annuelle, révisée en fonction des événements".
Se profilent en effet les élections européennes qu'il espère remporter avec d'autres formations nationalistes, puis le scrutin américain en novembre avec l'espoir formulé d'une victoire de Donald Trump.
Mais Bruxelles a réagi en menaçant la Hongrie de subir "un vaste blocus financier", déplore-t-il en se basant sur le contenu d'un article du Financial Times.
Selon le quotidien britannique, l'UE a préparé un document appelant les dirigeants des 26 pays à publiquement menacer de priver la Hongrie de tous les fonds qui lui reviennent si aucune solution n'est trouvée jeudi, afin de faire pression sur Budapest en "mettant en danger sa monnaie" et en ébranlant la confiance des investisseurs.
"C'est une sorte de manuel du maître chanteur. (...) Je n'ai aucun doute sur l'authenticité de ce document. Connaissant Bruxelles, ils en sont capables", a lâché Viktor Orban, coutumier des bras de fer avec ses partenaires.
