Alexander De Croo favorable à l'idée des obligations européennes pour la Défense
Le Premier ministre Alexander De Croo soutient l'idée d'augmenter les investissements dans la Défense au moyen d'obligations de l'UE.

- Publié le 16-02-2024 à 12h55
- Mis à jour le 16-02-2024 à 13h27
De telles obligations sont "une bonne idée et peuvent nous aider à accélérer les choses", a affirmé le chef du gouvernement fédéral dans une interview accordée à l'agence de presse Reuters. Il met cependant en garde contre des choix politiques difficiles.
Dans le contexte de la guerre en Ukraine et de la prise de conscience qu'elle ne peut pas aveuglément compter sur les États-Unis, singulièrement si Donald Trump redevenait président, l'UE cherche des moyens pour augmenter sa capacité de défense. Cela coûte énormément d'argent. Dès lors, la piste de l'introduction d'une obligation européenne pour la défense est une bonne piste, selon Alexander De Croo.
"Je pense que c'est une bonne idée et que cela peut nous aider à accélérer les choses", a-t-il indiqué, alors qu'il participe à la première journée de la conférence pour la sécurité à Munich. Plusieurs leaders européens se sont déjà prononcés en faveur de ces obligations de Défense, notamment la Première ministre estonienne Kaja kallas, le président français Emmanuel Macron, le président du Conseil européen Charles Michel ou encore le député européen et ancien Premier ministre Guy Verhofstadt.
Dans son entretien à Reuters, Alexander De Croo souligne que les investissements dans la Défense, même s'ils sont réalisés par l'émission d'obligations communes, doivent être soutenus. "Vous ne pouvez pas les maintenir en empruntant encore et encore. Vous avez besoin d'un financement stable, et cela nécessitera des choix politiques clairs."
Le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a lancé le mois dernier l'idée d'un Fonds européen de défense doté de 100 milliards d'euros, même s'il a immédiatement renvoyé la balle à la prochaine Commission, qui prendra ses fonctions après les élections.
Les dépenses de Défense figurent en haut de l'agenda politique. Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a déclaré cette semaine que 18 des 31 États membres atteindraient cette année l'objectif de consacrer 2 % de leur PIB à leur propre défense. La Belgique n'atteindra pas cet objectif avant 2035 (1,24% en 2024), mais M. De Croo affirme qu'il mènera campagne pour raccourcir "considérablement" ce délai.
L'émission d'obligations européennes a longtemps été taboue. Mais avec le plan de relance "Next Generation EU", des obligations ont été émises par l'Union européenne elle-même - et non par les États membres - pour la première fois. Des pays comme l'Allemagne et les Pays-Bas restent toutefois méfiants.
À la fin de ce mois, la Commission européenne proposera un programme d'investissement et une stratégie industrielle pour le secteur de la Défense. Dans une interview accordée au Financial Times, la présidente Ursula von der Leyen a déclaré vendredi que davantage d'argent devrait être consacré à la production d'équipements militaires. "Nous devons dépenser plus, dépenser mieux et dépenser de manière européenne", a-t-elle déclaré, sans prononcer le mot "obligations de défense".
"Notre marché de la défense est très fragmenté et cela doit changer", a-t-elle complété. "De quels pouvoirs dispose la Commission ? L'industrie. C'est notre cœur de métier. Nous sommes un facilitateur, pas un acheteur." La Commission veut garantir que davantage d'argent soit consacré aux produits de défense européens plutôt qu'aux équipements provenant de pays tiers comme les États-Unis.
Ursula Von der Leyen veut aussi s'assurer que l'argent de l'UE puisse accompagner les contrats d'achat conjoints que les États membres ont signés et que les équipements produits soient effectivement achetés.
