Retraite, impôts, immigration… Michel Barnier dévoile le cap de son gouvernement

Le Premier ministre a pris la parole en direct sur la chaîne France 2 au lendemain de la formation de son gouvernement.

(FILES) France newly appointed Prime minister Michel Barnier looks on during the handover ceremony at the Hotel Matignon in Paris, on September 5, 2024. Michel Barnier is holding his "last day of consultations" on September 19, 2024 with a view to the former government, receiving separately the President of the National Assembly Ya�l Braun-Pivet and the President of the Senate G�rard Larcher, Matignon announced. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP)
Le Premier ministre a pris la parole en direct sur la chaîne France 2 au lendemain de la formation de son gouvernement. ©AFP or Licensors

"Il n'y aura pas de polémique avec le président de la République", a assuré dimanche sur France 2 le Premier ministre Michel Barnier, au lendemain de la nomination de son gouvernement.

"C'est l'intérêt du pays. Il faut aussi cet esprit de compromis positif, dynamique avec le chef de l'Etat", a-t-il ajouté. Mi-septembre, Michel Barnier avait estimé qu'il n'y avait "pas de domaines réservés" au président de la République, préférant évoquer des "domaines partagés".

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Pas d'alourdissement de l'impôt pour certains Français

Le premier ministre Michel Barnier a indiqué qu'il comptait demander "aux plus riches de prendre part à l'effort de solidarité", sans "alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français".

"Je ne vais pas alourdir encore l'impôt sur l'ensemble des Français qui payent déjà le plus d'impôts de tous les partenaires européens", a déclaré M. Barnier sur France 2, "ni sur les gens les plus modestes, ni sur les gens qui travaillent, ni sur les classes moyennes", a-t-il notamment déclaré. "Mais je ne vais pas exclure, dans l'effort national qu'il faudra faire, que les personnes les plus fortunées participent", a-t-il ajouté.

Les grosses entreprises devraient également être concernées : "je ne veux pas aggraver la double dette écologique et financière, donc il faut faire un effort collectif pour maîtriser les dépenses, ça peut se faire notamment avec des prélèvements ciblés sur les personnes fortunées, ou certaines grosses entreprises", a-t-il ajouté.

Comme on lui demandait s'il excluait une hausse de l'impôt sur les sociétés, il a répondu : "Je ne dis pas cela, mais je pense que les très grandes sociétés peuvent aussi contribuer à l'effort national de redressement".

Voici la liste des ministres du gouvernement Barnier, marqué à droite

M. Barnier s'est aussi inquiété d'une éventuelle perte de confiance des marchés dans la France : "une grande partie de notre dette est émise sur les marchés internationaux, extérieurs, il faut garder la crédibilité de la France", a-t-il insisté, alors que le nouveau gouvernement doit présenter rapidement un nouveau budget, vraisemblablement le 9 octobre.

Le déficit du pays a dérapé ces dernières années, et pourrait atteindre 5,6 % du PIB cette année, voire 6 % selon les Echos, alors que l'Union européenne impose à ses membres de contenir leur déficit sous les 3 % de PIB.

La France fait l'objet d'une procédure de Bruxelles pour déficit excessif.

Le dernier plan de la France, cette année, prévoyait ce retour pour 2027, mais ce projet paraît de plus en plus irréaliste aux économistes.

Retraites

Le Premier ministre Michel Barnier a promis de "prendre le temps d'améliorer la réforme des retraites", entrée en vigueur il y a un an malgré des semaines de manifestations.

"On a une loi qui prévoit un cadre financier et je pense que ce cadre financier doit être préservé", a déclaré Michel Barnier, indiquant qu'il allait "faire confiance aux partenaires sociaux pour améliorer cette loi, pour réformer". La mobilisation de centaines de milliers de Français n'avait pas empêché le report progressif de l'âge légal de départ à 64 ans.

Premier jour du gouvernement Barnier, déjà sous le feu de ses nombreux opposants

Immigration

La question devrait être traitée "avec beaucoup plus de rigueur", a affirmé le Premier ministre. "Il y aura des ruptures, beaucoup plus de fermeté et en même temps de l'humanité", a-t-il précsé, indiquant qu'il s'agit de" la ligne" qu'il compte "suivre" avec le nouveau ministre de l'intérieur. "On va faire des choses pratiques, comme tous nos voisins, pour maîtriser et limiter une immigration qui devient souvent insupportable et qui d'ailleurs conduit à ne pas bien accueillir ceux qu'on accueille chez nous", a déclaré Michel Barnier.

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