La Lituanie devient le premier de l'UE à se retirer de la Convention d'Oslo sur les armes à sous-munitions
La Lituanie se retire officiellement de la Convention d'Oslo sur les armes à sous-munitions ce jeudi, devenant ainsi le premier État à sortir du traité depuis son adoption en 2008.

- Publié le 06-03-2025 à 07h28
- Mis à jour le 07-03-2025 à 08h51

Vilnius devient également la première nation de l'UE à quitter formellement un accord multilatéral de régulation des armements, un phénomène qui se développe à mesure que les tensions internationales s'exacerbent.
Le Parlement lituanien avait approuvé ce retrait de la convention en juillet dernier. Le gouvernement de l'État balte avait justifié cette décision par les enseignements de la guerre russe contre l'Ukraine. "Il n'est pas sage d'adhérer à une convention qui n'est pas respectée par un adversaire géopolitique majeur", avait à l'époque déclaré le ministre de la Défense Laurynas Kasciunas, faisant allusion à la Russie. "Nous corrigeons cette erreur", avait-il poursuivi, ajoutant que les armes à sous-munitions étaient "très efficaces au combat" et pouvaient compenser par leur champ d'action un manque de munitions conventionnelles.
Désormais, la Lituanie ne sera donc plus signataire de la Convention d'Oslo, qui interdit l'emploi, la production, le transfert et le stockage des armes à sous-munitions. Ce type d'armes, qui peuvent être larguées par avion ou tirées par l'artillerie, ont la propriété d'exploser en vol et de disperser des sous-munitions, elles-mêmes explosives, sur une large zone. Elles sont notamment dénoncées en raison du nombre de sous-munitions non-explosées qui peuvent constituer un danger ultérieur pour les populations. Tant Moscou que Kiev en ont fait usage depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Jusqu'à aujourd'hui, la convention comptait 124 pays, dont 24 membres de l'Otan et 21 membres de l'Union européenne - deux caractéristiques de la Lituanie -, mais pas les États-Unis. La Lituanie et la Norvège étaient, quant à elles, les seuls pays à la fois voisins de la Russie et membres de l'Otan à en être parties.
