"Ce jeudi soir, nous sommes rentrés manger avec le Pape à la Résidence Sainte-Marthe. À 22h15 il nous a dit qu'il était temps d'aller dormir"
Devant la presse, le cardinal De Kesel a raconté la manière dont il a vécu le conclave qui a élu Léon XIV.

- Publié le 09-05-2025 à 16h36
- Mis à jour le 11-05-2025 à 22h14

Ce vendredi après-midi à Rome, c'est un cardinal De Kesel très serein et par moment ému qui a rencontré la presse. L'ancien archevêque de Malines-Bruxelles venait en effet de vivre son premier conclave. "Je ne connaissais le fonctionnement des conclaves qu'à partir des livres et du film [le film Conclave sorti en 2024] que j'avais regardé avant de venir", a-t-il confié.
La mort du pape François, le lundi de Pâques a été "un grand étonnement pour moi". "J'ai alors rapidement pris un billet pour Rome" afin d'assister aux funérailles puis aux congrégations générales, ces réunions rassemblant les cardinaux avant le conclave.
Ces réunions lors desquelles les cardinaux de tous les continents évoquent les défis de l'Église furent des journées très importantes sur le fond de ce qui fut discuté, et pour se connaître. "Nous avons tous pris la parole pour nous écouter les uns les autres. Puis dans la file, lorsque nous allions nous servir un café, nous discutions ensemble de manière très spontanée."
"Durant ces échanges, j'ai senti que le pontificat de François avait profondément marqué l'Église", et qu'il serait difficile de revenir sur les réformes introduites par celui, ainsi que sur l'esprit qu'il avait donné à l'Église. "Tout le monde n'était pas d'accord sur tout, c'est normal dans l'Église et c'est heureux", a poursuivi le cardinal, "mais je sentais que nous partagions tous un même esprit, que nous souhaitions, comme le pape François l'avait voulu, une Église qui aille aux périphéries, qui ne vive pas dans son monde, mais dans le monde."

"Ce soir nous aurons un Pape"
Puis vint le temps du conclave en tant que tel. "Dans un cadre extraordinaire", souligna le cardinal, dans des chapelles et des pièces superbes "où je découvris avec joie des tapisseries flamandes". "Dans la chapelle Sixtine, ce n'était plus le temps des discussions, simplement le moment de voter." Mgr De Kesel reconnu qu'une grande sérénité et qu'une grande confiance s'installaient en lui. "Il y avait plusieurs personnalités intéressantes pour l'Église", mais le choix s'est très vite posé sur le cardinal Prevost. "Et le jeudi avant le dernier vote, je me suis dit : ce soir nous avons un pape. Ce fut le cas. J'ai été très ému, très ému, au moment de l'élection. Et impressionné que nous nous retrouvions rapidement autour de sa personne. C'était comme si cette élection nous était donnée", souligne Mgr De Kesel. "Puis on lui a demandé son nom. Je ne sais pas encore exactement pourquoi il a choisi le nom de Léon. Est-ce pour Léon XIII, pour un de ses prédécesseurs ? Je ne le sais pas. Nous aurons encore une réunion ensemble avec les cardinaux, et j'espère que nous connaîtrons la raison de son nom."


Le cardinal évoque un Pape serein, à l'écoute. "Il est resté très calme au moment de son élection. Puis, après la bénédiction de la foule, nous sommes rentrés à la Résidence Sainte-Marthe où nous logions. Nous avons mangé ensemble, avec lui. Il n'a pas fait de discours, mais nous a remerciés à la fin avant de nous dire, à 22h15, qu'il était temps d'aller dormir."