Et après François Bayrou, "un chef de gouvernement marqué très à droite"?
Qui pourrait succéder au Premier ministre français si celui-ci échoue à obtenir la confiance de l'Assemblée nationale ? Plusieurs noms circulent.

- Publié le 03-09-2025 à 06h38
- Mis à jour le 03-09-2025 à 06h45

"Et si c'était moi le prochain Premier ministre ?" Cette question semble trotter dans la tête de nombreux hommes et femmes politiques ces jours-ci, visiblement convaincus qu'ils feraient mieux que François Bayrou et ses prédécesseurs.
Non pas que le poste soit gage de stabilité et d'accélération de carrière, bien au contraire : le fauteuil de Matignon ressemble plutôt ces temps-ci à un siège éjectable (si François Bayrou est remplacé après le 8 septembre à Matignon, la France connaîtra son cinquième Premier ministre en un peu plus de trois ans, soit une durée de vie moyenne de 8 mois en moyenne). Mais la classe politique ayant horreur du vide, de nombreuses voix parlent déjà du prochain locataire de Matignon. Tandis que certains rêvent déjà d'une nouvelle dissolution, voire de la démission d'Emmanuel Macron.
La valse des candidats potentiels habituels
Pour succéder à François Bayrou, la liste des possibles candidats est longue. Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Eric Lombard, Bernard Cazeneuve, Catherine Vautrin, Pierre Moscovici, etc. Mais depuis deux ans, ce sont toujours les mêmes noms qui tournent en boucle.
À gauche, le PS, Les Écologistes et le reste de la gauche unioniste ont beau se dire "prêts" à assumer de telles fonctions, aucun profil indiscutable n'émerge et aucune proposition claire pour exercer la fonction ne ressort. Le contexte de succession rapide à Matignon depuis 2022 révèle une usure politique chronique : tout profil trop marqué (droite, centre, macroniste) est systématiquement fragilisé par l'arithmétique parlementaire et la défiance de l'opinion.
Les noms de personnalités de la société civile circulent également, comme après les législatives de l'été 2024. Parmi eux, Nicole Notat, Laurent Berger, anciens secrétaires généraux de la CFDT, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ou la présidente de la BCE, Christine Lagarde, sans que l'on comprenne vraiment ce qu'ils viendraient faire dans cette galère.
"L'équation paraît insoluble"
D'après Politico, Emmanuel Macron n'a pas trouvé à ce stade le nom de son futur bras droit. "Trouver un Premier ministre qui ne se fasse pas censurer et qui réussisse à faire passer un budget : l'équation paraît insoluble", écrit la newsletter politique. À moins que…
"Le scénario de sortie de crise que j'entrevois, c'est la nomination d'un chef de gouvernement marqué très à droite, avance le politologue Luc Rouban. Une personnalité LR comme Bruno Retailleau, conservateur sur le plan culturel et libéral sur le plan économique, aurait le feu vert du Rassemblement National et échapperait donc à la censure. Son gouvernement ferait passer le budget, couperait dans les dépenses, ce qui ne déplairait pas à certains macronistes et serait en cohérence avec l'envie d'autorité exprimée par les Français".
La France en serait donc là, à chercher une solution à sa crise politique du côté de l'extrême droite… Cela signerait l'ultime échec d'Emmanuel Macron, lui qui prétend se poser en rempart contre le RN depuis 2017.