La presse française tire un grand enseignement de ces municipales: "Il a fanfaronné après le premier tour, c'est beaucoup moins le cas à présent"
Les urnes ont rendu leur verdict, ce dimanche 22 mars. Les éditorialistes français reviennent à présent sur le grands enseignement de ce second tour des élections municipales 2026. Revue de presse.

- Publié le 23-03-2026 à 10h30
- Mis à jour le 23-03-2026 à 16h13

Au lendemain du second tour des municipales 2026, les Français ont déjà les yeux rivés vers la prochaine échéance électorale, la présidentielle de 2027. Tentant de transposer les résultats de ce dimanche 22 mars à l'échelle nationale, ils dressent un premier bilan de l'état des forces politiques en présence. Et, même si la prudence reste de mise au vu du caractère très local des municipales, les éditorialistes tirent malgré tout un grand enseignement, ce lundi 23 mars. Qui concerne surtout la gauche. Revue de presse.
De côté du Figaro, on annonce d'emblée une "bonne nouvelle": "La honte ne paie pas !", se réjouit le quotidien français. "Le courage que les dirigeants du PS et des Verts n'ont pas trouvé, les électeurs l'ont eu à leur place", poursuit l'éditorialiste. "Dans ces vingt-six villes où les candidats de la gauche, contre toute morale et contre tous leurs engagements, avaient choisi de pactiser avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, les résultats sont tombés comme autant de bulletins de défaite."
Mais le média français ne se dit pas tout à fait rassuré pour autant. "Ce second tour n'efface en rien les réalités du premier. LFI, dans le bruit et la fureur, progresse et s'enracine. Roubaix, Saint-Denis, La Courneuve, Vaulx-en-Velin, ce n'est pas rien... Durant cette campagne les mélenchonistes ont pris l'ascendant, psychologique, programmatique et stratégique, sur leurs partenaires socialistes et écologistes. Demain, la gauche modérée saura-t-elle leur dire non, elle qui s'est lâchement soumise aux Insoumis ?", s'interroge Le Figaro.

Municipales 2026 : "La gauche a fait étalage de ses divisions"
Libération revient également sur ce bilan "très, très fragmenté pour la gauche". Le journal pousse ainsi les candidats socialistes à se questionner sur les alliances qui ont été faites avec La France Insoumise, avant la présidentielle de 2027. "Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait fanfaronné à l'issue du premier tour. C'était beaucoup moins le cas dimanche soir, malgré la victoire à Roubaix. La stratégie de rupture à gauche, de tensions permanentes, les provocations aux relents antisémites du leader insoumis ont démontré dimanche leurs limites, notamment dans des bassins urbains de taille moyenne. La défaite à Toulouse pèsera lourd. Et plus que jamais, il faudra parler des gauches plus que de la gauche", tance Libération.
Le Monde estime à son tour que c'est à gauche que ces élections municipales auront les ramifications les plus profondes, "vu le nombre de défaites des listes d'union". "Plus que les autres familles politiques, la gauche a fait étalage de ses divisions dimanche", poursuit le quotidien français, citant les propos de Manuel Bompard (LFI), Jérôme Guedj (PS) et Olivier Faure (PS), rejetant simultanément la faute sur le parti de l'autre. "De quoi animer, encore, la guerre des gauches pendant toute la campagne présidentielle...", conclut le journal.

Municipales 2026 : "Un basculement inédit"
Même constat pour BFMTV, qui souligne aussi l'échec des alliances entre le PS et LFI. "Là où le Parti socialiste s'est imposé, il l'a fait sans coalition avec les Insoumis, à Paris, Marseille, Lille, Rennes ou Le Mans", rapporte l'éditorialiste de la chaîne d'information en continu. "À l'inverse,dans plusieurs villes emblématiques comme Toulouse, Limoges ou Clermont-Ferrand, ces rapprochements se sont soldés par des revers. À Clermont-Ferrand, bastion historique de la gauche, la victoire de la droite illustre même un basculement inattendu."
"A croire qu'ils l'ont fait exprès...", se demande-t-on du côté des Echos. "A treize mois du premier tour de l'élection présidentielle, les états-majors politiques ont testé, lors de ces élections municipales, toutes les combinaisons possibles. Ils ont pu ainsi étudier le comportement des électeurs." Et, pour le quotidien économique, il ne fait aucun doute que la gauche devra tirer les conséquences de ces alliances "contre-productives".