"Une erreur individuelle" : le ministre de la défense revient sur la fuite des conversations dans l'armée allemande

L'interception par la Russie d'une conversation entre des officiers allemands au sujet d'une livraison de missile en Ukraine, a provoqué des tensions entre Moscou et Berlin.

German Defence Minister Boris Pistorius gives a press conference on March 5, 2024 in Berlin to comment on a leaked audio recording of senior German army officers discussing the Ukraine war. The recording posted on March 1, 2024 on Russia's state-backed RT channel has caused a diplomatic firestorm and raised serious questions about the security of German military communications. Russia has declared the recording proves direct involvement of Western countries in the conflict in Ukraine. (Photo by Tobias SCHWARZ / AFP)
Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a attribué mardi à une "erreur individuelle" grave les récentes fuites dans l'armée allemand ©AFP or licensors

Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a attribué mardi à une "erreur individuelle" grave les récentes fuites dans l'armée allemande sur des livraisons d'armes à Kiev, l'un des officiers ayant participé à la réunion via une "connexion non autorisée".

Les premiers résultats de l'enquête sur la fuite ont montré que les "systèmes de communication de l'armée allemande ne sont pas et n'ont pas été compromis", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse.

L'un des participants, qui se trouvait à Singapour, a accédé à la vidéoconférence via "une connexion non autorisée, donc quasiment une connexion ouverte", conduisant à la fuite.

Au même moment se tenait le salon de l'aéronautique, auquel participaient aussi des hauts gradés de pays européens alliés, "du pain bénit pour les services secrets russes", a-t-il expliqué, partant du principe que l'accès par les espions russes à la discussion entre les officiers allemands via le canal commercial Webex "était le fruit du hasard dans le cadre d'écoutes à grande échelle".

Il s'agit "d'une grave erreur qui n'aurait pas dû se produire", a souligné le ministre, jugeant toutefois "gérable" ce qui a été abordé dans cette conversation en termes de niveau de confidentialité.

Le ministre a assuré que "la confiance" des alliés à l'égard de l'Allemagne demeurait "intacte". "Tout le monde connaît le danger de ces écoutes et sait que personne ne peut offrir une protection à 100%, a-t-il déclaré.

"Nos partenaires savent que nous enquêterons sur l'affaire de manière déterminée", a assuré M. Pistorius, affirmant n'avoir noté "aucun signe de méfiance" ou d'"irritation" dans ses échanges avec d'autres capitales depuis le début de cette crise.

Boris Pistorius a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire, affirmant cependant que "des conséquences individuelles ne sont pas envisagées" à ce stade.

"Je ne vais pas faire le jeu (du président russe Vladimir) Poutine en sacrifiant mes meilleurs officiers", a-t-il précisé.

La diffusion vendredi en Russie d'une conversation confidentielle entre des officiers de l'armée allemande sur l'aide militaire à Kiev a tourné à l'affaire d'Etat en Allemagne et créé un malaise parmi les partenaires du pays.

Il y est notamment question de l'hypothèse de la livraison à Kiev de missiles de longue portée Taurus, de fabrication allemande, alors même que le chancelier Olaf Scholz a réfuté récemment cette possibilité.

La discussion aborde également l'option de frappes de missiles Taurus visant le pont de Crimée qui relie la péninsule de Kertch au territoire russe, l'un des officiers soulignant qu'il faudrait entre 10 et 20 missiles pour venir à bout de l'ouvrage. La péninsule de Crimée a été annexée en 2014 par Moscou.

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