Contrats signés sans même savoir lire, fausses promesses... Nouvelles révélations sur le recrutement controversé russe à l'étranger
La Russie aurait recruté des centaines de Yéménites pour combattre en Ukraine. On leur aurait promis un emploi bien rémunéré et même la citoyenneté russe.
- Publié le 25-11-2024 à 11h24

Le Financial Times a révélé ce dimanche que des centaines de Yéménites auraient été envoyés en Russie pour combattre l'Ukraine. Alors que la Russie avait déjà fait appel à des renforts venus de Corée du Nord, il semble désormais qu'elle se serait alliée à une mystérieuse entreprise liée aux Houthis pour recruter de nouveaux soldats.
Selon le média, les recrues sont arrivées en Russie après une "opération de trafic obscure". Pour les diplomates américains, ce rapprochement entre la Russie et les Houhtis était "inimaginable avant la guerre en Ukraine et est un signe de la mesure dans laquelle la Russie est prête à aller pour étendre ce conflit à de nouveaux théâtres, dont le Moyen-Orient".
Tim Lenderking a confirmé au Financial Times que la Russie était activement en contact avec les Houthis et discutait de transferts d'armes mais n'a pas voulu être plus précis : "Nous savons que des personnels russes sont présents à Sanaa pour contribuer à approfondir ce dialogue. Les types d'armes évoqués sont très alarmants et permettraient aux Houthis de mieux cibler les navires en mer Rouge et peut-être au-delà. Nous avons vu des rapports selon lesquels des discussions sont en cours autour de [missiles antinavires] et d'autres types d'équipements mortels qui viendraient s'ajouter à ce que les Houthis sont déjà capables de faire." Quant au sujet des mercenaires yéménites, il explique avoir vu des rapports : "Je dirais que cela nous inquiète vraiment. Cela fait partie de la tendance, et ce n'est pas nécessairement quelque chose qui nous surprendrait."
Maged Almadhaji, directeur du Centre d'études stratégiques de Sanaa, a confirmé les relations entre la Russie et les Houthis : "La Russie s'intéresse à tout groupe de la mer Rouge ou du Moyen-Orient hostile aux États-Unis". Farea al Muslimi, spécialiste de la région du Golfe à Chatham House a expliqué que la plupart des Houthis recrutés n'étaient pas des volontaires :" La Russie a besoin de soldats, et il est clair que les Houthis recrutent [pour eux]. Le Yémen est un endroit où il est assez facile de recruter. C'est un pays très pauvre".
Selon le Financial Times, l'entreprise qui recrute les Yéménites a été fondée par un politicien houthi, Abdulwali Abdo Hassan al-Jabri. La société, enregistrée à Salalah, dans le sultanat d'Oman, est classée comme "voyagiste et un fournisseur de détail d'équipements médicaux et de produits pharmaceutiques". Le recrutement aurait débuté en juillet. Le média a échangé des messages avec un des soldats yéménites enrôlé dans l'armée russe qui a affirmé qu'ils étaient environ 200. Beaucoup n'auraient pas de formation militaire et auraient signé des contrats sans savoir lire. On leur aurait promis des emplois lucratifs dans des domaines comme la "sécurité" ou l'" ingénierie".

